Facebook, ce n’est pas qu’un réseau social. On le connaît aussi comme l’instigateur de l’architecture ouverte OCP (Open Compute Project) pour construire des datacenters, respectueux de l’environnement. Il est maintenant, au même titre que Microsoft ou Google, voire Slack, un fournisseur de solutions collaboratives professionnelles avec Workplace by Facebook, le successeur de Facebook at Work, qui a servi de tremplin.

Du réseau social à la collaboration

Nativement, Facebook est un réseau social. A ce titre, il permet à ses clients de partager des émotions, des évènements, des coups de cœur, mais aussi des documents, des vidéos, des fichiers textes, des clips sonores.

Certains utilisateurs sont allés plus loin et s’en servent pour partager des documents de travail entre partenaires professionnels, même si ce n’est pas là sa vocation première.

Avec près d’1,5 milliard d’affiliés, il s’est créé une sorte d’habitude, liée autant à l’interface graphique qu’aux pratiques. Un fond d’usage qui s’avère plus fort que toutes les campagnes de publicité de la planète !

C’est sur ce constat qu’est fondé Workplace by Facebook.

Sur l’idée que les usagers sont habitués à naviguer dans une page Facebook, qu’ils en comprennent bien les artefacts et que pour éviter de se fatiguer, ils aimeraient bien que tous les logiciels lui ressemblent…

Quand vous êtes « fan » de Facebook depuis des années et qu’un nouveau logiciel est basé sur une interface proche ou identique, il vous semblera toujours plus facile à utiliser et plus rapide à appréhender.

Ce n’est pas qu’une copie

Mais Workplace by Facebook, ce n’est pas non plus qu’une interface calquée sur quelques services de transfert et de stockage de fichiers, ni la simple copie du réseau social, transposée dans un environnement professionnel.

Il sert aussi d’outil de convergence pour de nombreux logiciels professionnels, une sorte de portail qui permet à l’utilisateur d’accéder à Office, pour la bureautique, à Salesforce pour la relation client (CRM) sur le Cloud, à One Drive et à Box pour le stockage et le partage de fichiers, toujours sur le Cloud.

En plus, bien entendu, des outils de communication tels que la messagerie classique ou instantanée.

Etant donné son ouverture au monde professionnel, il était indispensable que Facebook durcisse son interface d’authentification. Ce qu’il a fait en introduisant un mécanisme à 2 facteurs dont on imagine qu’il pourrait très bien servir de sésame (BYOID) pour accéder à d’autres produits. Dans le cadre d’une fédération d’identités, par exemple.

En gros, nous nous authentifions en tant qu’usagers Facebook dans Workplace et de là nous accédons aux stocks de la compagnie X et à la RH de la compagnie Y.

Etant entendu qu’entre les 2, il y aura un IDP (Identity Provider) qui génèrera un jeton d’accès temporaire pour les applications souhaitées.

Des chatbots dur mesure

Lors de la présentation de la nouvelle version de Workplace, Facebook a insisté sur sa capacité à construire des bots d’assistance, Workplace servant en quelque sorte de bus d’intermédiation.

A vrai dire nous n’en voyons pas trop l’utilité, de même d’une manière plus générale que ce principe d’assistanat permanent qui conduit lentement mais sûrement les usagers à l’état de légume…

Non, le véritable intérêt de Workplace, c’est son interface et ses liens natifs avec certains logiciels majeurs.

Il est un très bon moyen pour créer des groupes privés ou publics, pour prendre en charge la « com » tous azimuts dans un environnement professionnel, avec « fingertips » les habitudes prises depuis des années sur le réseau social. C’est là que se trouve le nœud de l’affaire.