Suite logique de son adoption des Containers Docker, via Nano Server, une version adaptée de Windows 2016, Microsoft annonce la disponibilité de Visual Studio 2017, dont la caractéristique principale est d’être « taillé » pour les Containers.

Depuis que la « preview » de VS 2017 a été mise à disposition, Microsoft a comptabilisé plus d’un million de téléchargements. Ce qui est énorme, compte tenu de la taille de la cible des développeurs et chefs de projets, qui tous ne développent pas avec les outils de Microsoft.

La principale nouveauté est que VS 2017 permet de publier les applications écrites, directement dans un container Docker.

Etant entendu que ce processus n’est pas automatique et qu’il ne suffit pas de déclarer une application sous Docker, pour que « de facto » elle soit exécutable.

Le processus de mise à niveau n’est pas inné et il faut suivre un certain nombre d’étapes qui vont permettre d’adapter le code à sa plate-forme d’exécution.

C’est ce que va faire surtout Visual Studio 2017, sachant que simultanément Docker a lui-aussi mis à la disposition de ses clients, une plate-forme dédiée…pour faire la même chose.

Le principal concurrent de Microsoft sera donc Docker lui-même.

De nombreuses améliorations

Outre la mise en conformité avec l’environnement Docker, VS 2017 propose de nombreuses dispositions nouvelles, très orientées vers le Cloud. En particulier pour les applications mobiles, vers les bibliothèques Google Play et Apple Store…voire Windows Store.

Toutes ces évolutions ajoutées au « core » Visual Studio, donnent une cartographie très claire de ce que permet de faire l’IDE en termes de « charges de travail » pour Windows, le Web, les mobiles, les jeux et le Cloud. En fait un périmètre très étendu, avec très peu de différences dans les interfaces d’usages, voire pas du tout, ce qui contribue à la popularité de l’outil, plébiscité comme la plate-forme préférée des développeurs, très loin devant les divers IDE dédiés à Java.

13 domaines dans lesquels Visual Studio 2017 est susceptible de servir de plate-forme de développement. On notera particulièrement les charges de travail Azure, Python, Node.js , Docker, les applications analytiques avec R, les environnements Xamarin et Cordova pour générer du JavaScript, voire Linux en C++.

Selon Microsoft lui-même, Visual Studio 2017 sera plus facile à installer, avec dans l’onglet « Charges de travail », les différentes options d’installations qui sont regroupées selon les plates-formes, les langages et les frameworks.

Dans le même ordre d’idées, VS 2017 comporte un mode de chargement allégé, qui évitera que l’on charge tous les fichiers des projets, sachant que la grande majorité d’entre eux, ne sera pas indispensable à cet instant du développement.

Quant aux extensions Microsoft, mais aussi celles des éditeurs tiers, elles ne seront plus systématiquement chargées au démarrage, mais à la demande.

Pour aider les usagers, le nouveau gestionnaire d’extensions va créer une liste synchronisée dans le Cloud, de toutes les extensions utilisées.

En matière de tests, un certain nombre de tests unitaires sont désormais effectués pendant la rédaction du code, à condition de programmer en C# ou VB.NET, avec 3 plates-formes de tests : MSTest, xUnit et NUnit.

Visual Studio 2017 a encore la possibilité de vous informer en temps réel des violations de règles architecturales au fur et à mesure que vous saisissez le code grâce aux diagrammes de validation des dépendances.

Lors de l’écriture du code, Visual Studio relève les violations de règles de dépendances, les erreurs apparaissant dans une lite, avec des tildes pour préciser dans le code où se trouvent les violations en question (illustration Microsoft).
Bonnes nouvelles pour les accros de DevOps

Les outils Redgate Data Tools pour SQL Server sont désormais inclus dans VS 2017 avec :

  • un Redgate ReadyRoll Core pour mettre au point les scripts de migration, pour gérer les mises à jour de la base de données et automatiser les déploiements des modifications de la base en même temps que celles des applications
  • Redgate SQL Prompt Core pour écrire du code SQL plus rapidement

Microsoft témoignant en l’occurrence d’un soutien clair en faveur de la philosophie DevOps, par ailleurs quelque peu décriée par les temps qui courent.

Microsoft ayant abandonné sa plate-forme CodePlex, il a également fait en sorte de faciliter le portage des projets VS 2017 vers GitHub, considéré désormais comme incontournable. La publication est quasi-immédiate et aucune expérience n’est nécessaire pour gérer les référentiels à partir des menus. Elle est parfaitement intuitive.

Une navigation simplifiée

Toujours pour aider les développeurs, Microsoft a inclus de nouvelles dispositions de navigation qui vont leur simplifier la vie :

  • tout d’abord l’accès depuis n’importe quel type ou membre de base, à ses différentes implémentations (CTRL + F12)
  • l’accès direct à toute déclaration de fichier, type, membre ou symbole (CTRL + T ou CTRL +,), avec des possibilités de filtrage pour ne pas se laisser envahir
  • la recherche de toutes les références (MAJ + F12), grâce à la colorisation de syntaxe, avec regroupement par combinaison de projets, de définitions et de chemins
  • des guides de mise en retrait
  • l’usage du visualisateur de structures qui affiche des lignes de repère dans le code ou de mises en retrait, que l’on pourra utiliser soit pour visualiser les blocs de code, soit en les survolant pour afficher les info-bulles qui permettent de voir l’ouverture d’un bloc et de ses parents.

VS 2017 vous aidera sans doute à mieux gérer les références créées dans votre code, grâce à la colorisation (illustration Microsoft).