VMWare, qui fait maintenant partie de l’ « équipe » Dell, puisque EMC son propriétaire a lui-même été racheté par Dell, ne semble pas perdre ses ambitions pour aboutir à une offre Cloud universelle. Alors que l’on pouvait craindre que celui qui a fait de la virtualisation une industrie mondiale, serait quelque peu bridé par sa « famille », Dell surtout, qui est concurrent sur le Cloud d’HPE et de quelques autres, dont IBM, ne semble pas gêné. Au contraire il enfonce le clou pour une solution SDDC (Software Defined Data Center), autrement dit une offre de fédération de toutes les ressources, « On Premise » et Cloud, autour de sa bannière.
Manifestement il maintient le cap.

C’est lors de son show annuel, VMWorld de Las Vegas, que VMWare a présenté l’évolution de son offre de virtualisation globale, centrée autour des briques connues Virtual SAN (stockage), vSphere (virtualisation serveurs) et surtout de NSX, que l’on peut considérer comme la colle qui va relier tous les morceaux, aussi bien VMWare que ses concurrents, dans une sorte de «mainframe » aux dimensions du Cloud. Sous le contrôle de son outil d’administration VMWare SDDC Manager.

La brique réseau NFX n’est pas nouvelle. Elle date maintenant de 3 ans et constitue l’aboutissement de la fusion der NVP de Ncira, précédemment racheté et de vCloud Network and Security, une offre maison. Le tout en 2013.

L’offre globale VMWare, qui porte le nom de VMWare Cloud Foundation, regroupe progressivement tout ce qui va faciliter la constitution d’une infrastructure unique, dont les éléments seront constitués par des serveurs locaux « On Premise », des clouds privés, construits ou non avec le ou les outils maison, tels que VxRack d’EMC et VMWare Virtual SAN Ready Nodes et donc, ce qui est nouveau, des charges portées par des Clouds publics.

Le secret de l’affaire tient à NSX. Qui permettra progressivement d’étendre le SDDC de VMWare aux Clouds publics existants, VMWare se positionnant au-dessus de la mêlée, comme l’élément fédérateur des ressources distribuées sous toutes les formes d’hébergement.

Ainsi chaque OS virtualisé dans un Cloud public sera doté des services NSX, qui vont lui permettre de participer au SDDC du client.

L’administrateur n’aura qu’à choisir l’environnement qu’il jugera le plus adéquat pour héberger ses applications, qu’il installera très simplement. Si la « charge de travail » s’avère incompatible avec ce que souhaite faire l’administrateur sur le Cloud public choisi, NSX va bloquer l’installation…en attendant des jours meilleurs…

L’extension aux Clouds publics de « VMWare Cloud Foundation » concerne deux natures de Clouds, selon qu’ils sont fondés ou non sur la technologie de virtualisation VMWare.
VMWare a raison

Il est évident que VMWare a raison. Et que sa volonté de rendre compatible son SDDC avec tous les Clouds publics, AWS, Soft Layer d’IBM, Azure de Microsoft est porteuse d’avenir.

On peut même considérer que ces architectures hybrides, locales et Cloud, sont les mainframes du XXI ème siècle. D’autant que l’éditeur prend soin de ne pas faire d’exclusive entre les charges qu’il veut faire héberger par les Clouds publics, des MV bien sûr et il est bien placé pour cela, les applications traditionnelles, mais aussi et surtout les containers. A qui il pourra apporter une composante de sécurité qu’ils n’ont pas nécessairement.

En attendant, VMWare a été très précis. Son offre recouvre deux natures de Clouds. Ceux qui sont fondés sur ses propres technologies, tels que ses Clouds privés, vMWare vCloud et  ceux qui sont fondés sur des technologies de virtualisation différentes, comme Azure, Amazon ou Google, qui seront la cible des VMware Cross Cloud Services, dont NSX est la partie émergée. Histoire de faciliter leur intégration dans l’offre VMWare.

D’ores et déjà IBM fait état de 500 clients qui auraient déjà bénéficié de cette fédération globale, avec entre autres avantages le fait de diviser 6, le temps de déploiement d’une nouvelle charge et d’économiser entre 30 et 40 % sur le TCO global. Enfin, c’est ce qui nous a été présenté. Nous aurons bien le temps de vérifier sur le terrain si c’est bien le cas.