Lors de la WPC 2016 de Toronto, Microsoft a fait un certain nombre d’annonces attendues par les utilisateurs, mais les a également déçus en reportant à la mi-2017 la sortie d’Azure Stack, qui leur permettra de mettre en place la même infrastructure sur leur propre datacenter que sur le Cloud public de Microsoft.

Ce qui répond à une forte attente des usagers, qui veulent retrouver dans leurs installations locales, les mêmes avantages et de simplicité d’exploitation, essentiellement à travers des instances virtuelles, que ce qu’ils trouvent sur le Cloud public. Sans ignorer le fait que certains d’entre eux se sentiront aussi plus rassurés s’ils hébergent leurs applications sensibles et leurs données sur leurs propres ressources physiques…plutôt qu’on ne sait où…

Entendons-nous bien, il ne s’agit pas pour Microsoft de proposer une infrastructure « clés en mains » et de transférer des applications qui existeraient déjà. Ce n’est pas uniquement de l’IaaS local, mais plutôt un framework global, pris ici au sens générique du terme, qui permettra de créer une structure d’accueil hybride, du même type qu’Azure Public,  avec laquelle le mode local pourra collaborer.

D’une certaine manière on peut considérer qu’Azure Stack est une excroissance d’Azure pour des installations hybrides et locales. Histoire de fournir aux administrateurs exactement les mêmes outils : un portail d’accès, des API de développement spécifiques et les utilitaires « devops » de mises en production, que sur un Cloud public.

Un point de convergence essentiel

Tout le monde admet aujourd’hui que le Cloud va jouer un rôle essentiel dans les SI de demain. Mais la plupart des observateurs sont aussi d’accord sur le fait que ce Cloud sera hybride, à savoir un savant mélange de ressources publiques et privées, facilement transportables d’un univers à l’autre.

C’est d’ailleurs pour cela que l’on attend beaucoup d’OpenStack, la pile Java censée résoudre les problèmes d’interconnexion (entre autres) entre diverses instances de Cloud.

Car la vraie bataille des architectures informatiques de demain se situera là.

Dans la capacité qu’auront les prestataires du Cloud : Amazon, IBM, Microsoft, mais aussi les éditeurs, de fournir les couches logicielles susceptibles de mettre en place ces infrastructures hybrides.

Que l’on pourra considérer comme la véritable 4 ème génération d’ordinateurs, une remise en cause profonde de tout ce que l’on connaissait et pratiquait depuis plus de 50 ans.

Dans l’état actuel du marché, Microsoft semblait avoir pris un peu d’avance, par rapport à ses concurrents, puisque ni Google, ni surtout Amazon, n’avaient encore proposés une offre hybride équivalente.

Mais il faut croire que le challenge était difficile à relever, car Microsoft a annoncé qu’il aurait du retard à la livraison et qu’Azure Stack ne serait disponible qu’à la mi-2017, soit 2 ans après qu’il ait été formellement présenté.

Ce qui peut s’interpréter de 2 manières, soit Microsoft éprouve effectivement des difficultés à mettre au point sa pile, ce qui est compréhensible, soit il a cherché à bloquer ses clients, avec une annonce prématurée, pour leur éviter d’aller « voir ailleurs, si l’herbe est plus verte ».

Un périmètre réduit

De plus, Microsoft a délibérément réduit le périmètre des solutions intégrables avec Azure Stack. Puisqu’il précise que seuls les systèmes intégrés de Dell, HPE et Lenovo seront accessibles localement dans ce Cloud hybride.

Finie donc la liberté des partenaires qui auraient pu proposer des offres d’assistance d’intégration tous azimuts. Il leur faudra se limiter à ces « marques », ce que Microsoft justifie en expliquant qu’il limite de cette façon les risques, en ne tablant que sur des plates-formes connues et largement installées. Admettons…

Cela établi, Azure Stack donne quand même accès à un panel très diversifié de ressources :

  • des MV et des containers
  • des solutions de stockage virtualisées
  • des fonctions réseaux : SDN, répartition de charge, VPN
  • des API de programmation ou d’intégration par messages
  • une plate-forme de développement PaaS
  • des ressources d’administration : Azure Resource Manager Portal, Key Vault
  • un kit de développement Azure, Power Shell, etc

Et tout cela en local évidemment

La béta est toujours disponible

Même si la version finale est reportée à 2017, la béta d’Azure Stack reste disponible, histoire de se faire la main, car le Cloud a ceci de paradoxal et Azure ne déroge pas à la règle, que la complexité de mise en œuvre de la solution est proportionnelle à la simplicité d’usage du Cloud privé que l’on peut en espérer. Alors autant s’y prendre de bonne heure…