G.Fast est une technologie proposée par les télécoms autrichiennes et BT au Royaume Uni, fondée sur le cuivre, censée remplacer avantageusement le VDSL.

ADSL/VDSL au bout du chemin

On sait aujourd’hui que la barre minimale des réseaux de transport est de 1 Gbps, seuil à partir duquel une petite entreprise de 50 employés, peut travailler normalement sans être obligée de venir s’installer en centre-ville. Ce seuil est atteint depuis longtemps par les fibres optiques, mais leur coût peut s’avérer rédhibitoire et encore faut-il qu’il y ait une fibre à proximité, ce qui justement n’est pas le cas dans les zones non urbanisées. Tout au plus peut-on envisager des hubs optiques, auxquels on pourrait se raccorder via une autre technologie.

On pourrait ainsi imaginer de connecter tout le personnel à des bornes Wi-Fi, mais ces bornes souffrent de deux inconvénients, leur bande passante est partagée et surtout derrière les routeurs, il faut quand même une connexion à haut débit, pour raccorder la PME ou les usagers privés au « monde des vivants ».

On croyait la solution introuvable, jusqu’à ce qu’un opérateur autrichien n’imagine une nouvelle technologie d’usage du fil de cuivre, G.Fast, bientôt rejoint par British Telecom. Cette technologie a depuis été ratifiée par l’ITU en 2014.

1 Gbps jusqu’à 250 m

Si G.Fast permet en théorie d’atteindre le Gbps, sans lequel elle ne présente plus beaucoup d’intérêt, il faudra cependant que l’usager se trouve à moins de 250 m du routeur G.Fast. De sorte que son usage se situe surtout, pour l’instant, en prolongement d’une fibre optique, si celle-ci existe, voire une alternative au bout en bout cuivre dans des zones délimitées, celles d’un campus ou d’une zone industrielle, mais surtout les fameuses MDU (Multi-Dwelling Units) qui sont des groupements de logements, appartements ou maisons individuelles.

Le seul problème est qu’on commence seulement à être sûr de la faisabilité de la technologie, au-delà des laboratoires, de quelques POCs significatifs et des premières installations réelles.

C’est là que l’opérateur américain AT&T intervient, qui a été beaucoup plus loin que ses confrères et en est déjà à la version 2 de G.Fast, qui devrait lui permettre d’atteindre un débit de 1,5 Gbps, soit 50 % de mieux que la première version. De plus G.Fast version 2 permettra de mettre en œuvre une nouvelle disposition d’alimentation électrique, dite RPF (Reverse Power Feeding) depuis les équipements de l’usager. Cette disposition très attendue, est considérée comme aussi importante, sinon plus, que la vitesse intrinsèque du nouveau réseau.

Le gros avantage de G.Fast est qu’il ne remet pas en cause les câblages existants, à condition qu’ils soient de qualité suffisante. Etant donné qu’il se fonde sur une technologie différente de VDSL, bien qu’il y ait de nombreux points communs, il faudra « seulement » construire de nouvelles armoires de raccordement. Compte tenu du nombre d’usagers possible, il va y avoir du travail pour pas mal d’années…
G.Fast dans le monde

Le consultant Point Topic est venu à point nommé pour faire un état des lieux sur la technologie, très instructif quant à son potentiel.

Selon lui, G.Fast représente actuellement un marché de 3 millions de raccordements, mais pour l’instant seuls 29 000 particuliers ont souscrit à une offre concrète, la plupart situés en Asie du sud-est.

Outre AT&T, les opérateurs les plus agressifs sont CenturyLink et BT, parmi 33 opérateurs qui ont soit démarré des essais G.Fast soit ont l’intention de le faire.

Au début 2018, il y avait six opérateurs présents commercialement sur ce créneau, avec des offres en vitesse, de 3 à 5 fois supérieures à ce que propose VDSL en nominal.

Aux Etats-Unis, AT&T mène clairement la danse, qui a ciblé 22 réseaux métropolitains pour 2018, après avoir effectué des essais (concluants) à Minneapolis. AT&T ayant ciblé 8 autres villes pour procéder à un déploiement plus ambitieux.

Century Link, considéré lui-aussi comme un acteur majeur a lancé des POCs dans 800 appartements de Platteville (Wisconsin). BT pour sa part vise 10 millions d’installations mais n’a enregistré que 93 000 contrats réels au début 2018.