De nombreux patrons de TI envisagent une migration partielle vers le Cloud dans les prochaines années. Mais pour cela, il leur faut trouver sur ces plates-formes, des ressources équivalentes à celles dont ils disposent « on-premise ».

Les Clouds publics et privés ne peuvent pas être dissociés

Si vous envisagez de migrer tout ou partie de votre infrastructure dans le Cloud, l’annonce faite par Cisco de porter son architecture SDN sur les Clouds Amazon (AWS), Microsoft Azure et Google, ne peut que vous intéresser. Ceci sans vouloir faire de publicité malvenue, mais simplement parce que vous aurez dans ce cas l’obligation de vous poser des questions quant à la virtualisation de votre réseau.

Pour les grandes entreprises et dans le cadre des projets d’infrastructures qui se multiplient aujourd’hui, la capacité de gérer le réseau via une couche logicielle, comme nous commençons à le faire hors Cloud, est une opportunité que les responsables de TI ne laisseront pas passer.

Pour ce qui est de Cisco, l’un des grands acteurs du domaine SDN, l’idée est d’intégrer son offre SDN ACI (Application Centric Infrastructure) aux Clouds publics les plus connus, qui devraient représenter plus de 80 % des installations à venir. On est donc bien dans la cible. Une offre qui devrait concerner les 4 000 clients d’ACI en mode datacenter, si l’on en croit, les chiffres fournis par Cisco lui-même.

L’objectif est évidemment d’avoir une offre hybride, de manière à couvrir à la fois les infrastructures locales et Cloud, à partir d’une même couche d’administration. Tant il est vrai que le cœur du marché est là, les clients conservant pour des raisons qui les regardent, une partie des ressources en local, mais sans que ce découpage ne les pénalise.

Concrètement, les clients pourront installer un contrôleur ACI Cisco dans les Clouds publics cités précédemment, comme ils le font déjà « on premise ».

L’une des problématiques qu’il faudra cependant traiter, sera celle de la compatibilité et de l’administration.

Pour ce qui est de la compatibilité, l’intégration chez AWS, Google et Microsoft Azure, devrait limiter les blocages, sachant que Cisco ACI est déjà conforme à la pile OpenStack, l’équipementier étant l’un des acteurs les plus actifs de cette architecture. Cisco ayant aussi indiqué qu’il travaillait à inclure l’outil Azure Stack de gestion des Clouds hybrides de Microsoft.  Il y travaille, mais ce n’est pas encore fait.

Quant à l’administration, c’est beaucoup moins évident.

L’objectif de SDN est de constituer une couche d’administration logicielle unique pour l’ensemble  des ressources réseau. Mais cette couche ne doit pas s’ajouter à d’autres couches spécialisées, comme celle des machines virtuelles ou des containers. Il ne doit y avoir à terme qu’une seule plate-forme logicielle de gestion, indépendante de la nature de ces ressources, qui gèrera entre autre les contrôleurs ACI de Cisco, de même que les MV des serveurs et les containers. Cette couche doit inclure les outils existants d’administration des containers, par exemple, tels que Kubernetes de Google ou d’autres outils existants.

Sans cette plate-forme unique, l’architecture n’aura pas d’avenir, car elle sera ingérable.

Disons donc que l’annonce de Cisco est une bonne chose pour le responsable du TI, mais que ce n’est qu’une étape vers un véritable système hybride privé-public. Il faudra encore être patient…et surtout très prudent.