Après avoir été longtemps courtisé par Samsung et malgré la tentative du gouvernement japonais, via un fonds d’investissement « Network Corp of Japan » d’empêcher que ce fleuron de l’industrie des écrans LCD, ne tombe entre des mains étrangères, c’est finalement le taïwanais Foxconn qui met la main sur Sharp.

Grandeur et décadence donc pour ce pionner des LCD, qui, il y a encore peu de temps occupait le haut du pavé dans sa spécialité et dont les recherches étaient toujours suivies avec la plus grande attention par la communauté industrielle.

Il en coûtera 6,2 milliards $ à Foxconn, selon la presse japonaise, ce qui mettra un terme aux inquiétudes de Sharp, englué dans de graves difficultés financières et incapable de faire face à ses échéances à court terme.

Foxconn de son côté fait une très bonne affaire, lui qui est déjà le plus gros fournisseur d’écrans pour les iPhone et iPad d’Apple et qui récupère ainsi le véritable trésor de guerre que constituent les brevets Sharp et les (très) brillantes équipes de recherche du fabricant japonais.

Foxconn est par ailleurs un gros fournisseur de composants électroniques de Microsoft, Amazon et Sony. Mais il est aussi  et surtout à l’avant-scène 2016 des médias, du fait d’accusations répétées à son encontre, sur les mauvaises conditions de travail qu’il réserve à ses employés, les « émeutes », mais aussi des vagues de suicides significatives, qui se produisent fréquemment.

En 2015, la réponse controversée de Foxconn avait été d’annoncer la délocalisation d’une partie de sa production en Inde où il investit 5 milliards $ pour construire 12 usines, qu’il prévoit de démarrer en 2020.

C’est ce Foxconn que rejoint Sharp, les observateurs ne manquant pas de faire remarquer que la Compagnie d’Osaka, pourrait à souffrir gravement de ses méthodes.