Ca ne s’arrange pas. A coups de ransomwares et de vers en tous genres, l’économie de la sécurité explose et atteint des sommets stratosphériques. De quoi motiver les criminels en quête de débouchés.

6 000 milliards en 2021

On ne le répètera jamais assez. Compte tenu de la faiblesse des protocoles issus d’Internet et une certaine désinvolture des usagers, pour qui les problèmes sont toujours pour les autres, le marché de la sécurité, toutes composantes confondues, des conséquences des attaques aux antivirus qui ne servent pas à grand-chose, ne peut qu’exploser.

C’est ainsi que selon Cybersecurity Ventures, qui publie la très intéressante étude « Cybersecurity Market Report », le volume de pertes financières lié à la destruction des données, aux détournements financiers, aux vols de propriétés industrielles et à celui des données personnelles, aux fraudes, etc, va passer de 3 000 milliards $ en 2016 à 6 000 milliards en 2021. A titre de comparaison, c’est près de 10 fois le déficit budgétaire prévu en 2017 pour les Etats-Unis et 42 % environ du total de la dette américaine cumulée. Hallucinant.

Quant aux dépenses directes liées aux produits et services dédiés à la défense contre le cybercrime, il va atteindre 1 000 milliards $ en 2021 (Gartner).

Emplois sécurité : l’offre dépasse (largement) la demande

Pour ce qui concerne les emplois directement « connectés » à la cybersécurité, on estime aujourd’hui que le nombre d’emplois non satisfaits dans ce domaine, va tripler d’ici 2021, pour atteindre 3,5 millions de « jobs » (1 million en 2016). C’est d’ailleurs l’un des rares « marchés » de l’informatique où il n’y a aucun « chômeur », l’offre ayant largement dépassé la demande.

Il faut dire aussi que le périmètre de la sécurité s’est largement agrandi, les cibles n’étant plus seulement les machines, les réseaux et les mobiles, mais aussi les voitures, les avions, les infrastructures industrielles, telles que la production d’électricité, en fait, comme l’exprime la Compagnie Herjavec Group, un spécialiste, tout ce qui « bat » avec un cœur électronique…

4 milliards d’êtres humains concernés

Cette fois, c’est Microsoft qui tire le signal d’alarme. D’après l’hôte de Redmont, 4 milliards d’êtres humains seront concernés par les cyberattaques en 2020, ce qui sera 2 fois le taux d’aujourd’hui. Comme le dit Steve Morgan (CSO), les criminels sont attirés par le sang, pas par le silicium.

Les ransomwares, de tristes vedettes

Il n’a échappé à personne que dans la panoplie des malwares, ce sont les demandes de rançons qui se sont le plus développées ces derniers mois. Les sommes demandes ne sont pas énormes et généralement les criminels fournissent les clés de décryptage, pour que leurs victimes puissent récupérer leurs fichiers.

On s’attend d’ailleurs à ce que le chiffre d’affaires généré par ce type d’attaques, atteigne plusieurs dizaines de milliards $ cette année, soit une multiplication par 15 en 2 ans. Avec une cible privilégiée, celle des organismes de santé, pour lesquels les attaques vont quadrupler en 2020.

Ce qui fait dire à Gini Rometty, le CEO d’IBM, que le « cybercrime is the greatest threat to every company in the world ». Point de vue que partage Donald Trump, le nouveau president américain, qui estime que le « cyber theft is the fastest growing crime in the United States by far ».

Tout cela n’est guère rassurant.