Dans la bataille qui fait rage sur les réseaux base consommation destinés aux objets et où les belligérants s’appellent Lora ou Sigfox, un nouveau venu tente de s’insérer, Thread, un protocole basé sur IPv6.

Il s’agit bien d’un protocole et pas du réseau de transport lui-même.

En juillet 2014, le « Thread Group » avait annoncé qu’il travaillait avec un certain nombre de partenaires (plus de 220 actuellement), dont Nest Labs, une filiale d’Alphabet, qui est le véritable créateur de Thread, Samsung, ARM, Qualcomm, NXP Semiconductors/Freescale, entre autres, pour aboutir à cette certification.

Thread est basé sur 6LoWPAN, qui est lui-même basé sur IPv6, ainsi que sur le protocole sans fil IEEE 802.15.4, pour des communications en mode réseau maillé « mesh », chaque objet ou capteur étant lui-même un relais pour les autres objets. 6LoWPAN ayant défini des mécanismes de compression et d’encapsulation des en-têtes, pour embarquer des paquets IEEE 802.15.4 dans des trames IPv6, comme le fait ZigBee par exemple.

Ceci pour répondre à la principale critique faite à 6LoWPAN qui est la lourdeur de ses en-têtes, pas vraiment adaptés au trafic très limité de certains réseaux de bas de gamme, ceux que vise SigFox par exemple.

Le principal avantage de Thread est évidemment lié aux choix des couches sous-jacentes sur lesquelles il s’appuie, car cela lui permet d’être compatible avec d’autres protocoles tels que ZigBee, Homekit d’Apple, Weave ou encore AllJoyn de Qualcomm.

Les autres avantages de Thread sont une faible consommation et un niveau de sécurité intéressant pour ce type d’application, sachant que c’est sans doute là que convergeront les principales critiques formulées à l’encontre des réseaux d’objets.

Ce niveau de sécurité est directement lié à IPv6, mais aussi à son architecture mesh, puisque par construction, chaque objet étant aussi un relais, il y aura toujours de multiples chemins pour aller d’un point à un autre, en cas de destruction d’une partie des objets intermédiaires. C’est aussi le principe des réseaux militaires qui doivent « survivre » à une destruction partielle de leur infrastructure.

Pour mieux assurer la diffusion de sa technologie le « Thread Group » a créé Open Thread, la version Open Source de son protocole, dont les caractéristiques ont été déposées dans GitHub.

Il faudra à ce sujet faire la distinction entre le protocole Thread lui-même dont la documentation est payante et réservée aux membres de son alliance et sa version libre. Ce n’est pas encore très clair.