Western Digital vient d’annoncer qu’il rachetait un spécialiste SanDisk du stockage magnétique, pour un total de 19 milliards $ environ, entre le cash versé et la rémunération en actions.

Il s’agit de l’une des acquisitions les plus importantes de l’histoire, qui fait suite au rachat, à une semaine près, d’EMC par Dell pour 67 milliards $. Qui témoigne d’une frénésie évidente dans le domaine du stockage, surtout dans celui des SSD non volatiles.

Il est vrai que le californien Western Digital, l’un des pionniers du stockage HDD, avec Seagate et Maxtor, ce dernier racheté par Seagate en 2006, constitue un élément fort du triangle d’or de la Silicon Valley, là où tout continue de se passer en matière de stockage. Mais qui malheureusement ne dispose pas en interne des compétences et outils de fabrication, dans le domaine innovant des technologies Flash, qui vont bouleverser le stockage. De sorte que l’équation a dû être relativement simple à poser : soit il se procurait un savoir-faire dans ces technologies, soit il périclitait et serait lui-même avalé.

Ce qui pose question cependant, c’est le montant exorbitant de la transaction, le prix de la survie.

Et là il faut lire une nouvelle fois entre les lignes.

SanDisk est certes un bon spécialiste des disques externes, qu’il propose aussi bien pour des équipements fixes que mobiles. Mais ce n’est évidemment pas cela qui a attiré western Digital.

Car SanDisk est surtout l’un des majors de la technologie NAND non volatile SSD Flash, l’un des rares à maîtriser la technologie de fabrication NAND 3D, par laquelle, tout le monde est d’accord, passeront les évolutions futures.

Pour preuve, SanDisk a annoncé très récemment un « deal » avec le japonais Toshiba pour fabriquer la mémoire 3D NAND la plus dense jamais imaginée, le double de ce qui se fait de mieux aujourd’hui, avec des chips de 32 GB, organisés en 48 niveaux.

La différence se fait sur les technologies de pointe

On voit bien qu’une matière de stockage, les fabricants traditionnels sont arrivés aux limites des procédés classiques et qu’ils ne survivront que s’ils maîtrisent ceux du futur, tels que les procédés 3D. Qui devrait aboutir à une sorte de répartition des rôles : d’un côté des fabricants généralement asiatiques, qui vont produire les HDD de bas de gamme à un coût réduit et de l’autre, quelques majors, avec Western Digital, dont la valeur ajoutée leur permettra de concevoir les produits de très haut niveau, comme les SSD Flash 3D de grande capacité.

Car dans le même temps et c’est l’un des avantages du procédé 3D, le coût de fabrication ramené au GB, va considérablement baisser, ce qui va mettre les SSD en concurrence frontale avec les HDD habituels.

C’est ce marché que vise Western, celui du stockage non volatil du futur, à des prix abordables, aussi bien pour les mobiles, desktops que serveurs et c’est pour cela qu’il va débourser la somme « stratosphérique » de 19 milliards $.