Décidément les français se feront toujours des illusions. Après avoir subi 2 échecs marquants, ces derniers temps, avec des incursions dans le monde du Cloud « souverain » : Numergy et CloudWatt, qui ont coûté 500 millions € (535 millions $) aux contribuables de ce pays, via l’intervention de la « Caisse des Dépôts et Consignations », ils « remettent le couvert » avec une tentative de faire vaciller Google, en lançant un moteur de recherche concurrent, Qwant.

Aucune chance

Les français devraient pourtant savoir et ce depuis plus de 50 an, qu’il existe un certain nombre de domaines, dans lesquels les cartes sont déjà distribuées et qu’il ne sert à rien de dépenser des fortunes, sans aucun espoir de réussite.

Dans le passé Ils ont connu le « Plan Calcul », qui ne voulait rien moins que de concurrencer les américains sur la fabrication des circuits intégrés et processeurs, alors qu’Intel dominait le marché grâce à sa maîtrise technologique. Ce qui s’est traduit par une faillite mémorable. On a connu aussi le désastre CII et de sa gamme d’ordinateurs Unidata, alors qu’IBM dominait le marché des mainframes de la tête et des épaules.

A chaque fois le scénario est le même : l’espoir de renverser un état de fait, grâce à l’apport d’argent public, puisque « in fine » ce sont les contribuables qui paient les notes laissées par les politiques.

Avec Qwant on n’est heureusement pas au même niveau d’investissements et l’apport de la toujours crédule « Caisse des Dépôts » se limite pour l’instant à 15 millions € (16 millions $). Mais le principe est le même et la tentative vouée à l’échec, car beaucoup trop tardive. Et prendre 10 % du marché européen à Google est « mission impossible ».

L’obstacle, c’est l’HABITUDE des internautes

Non pas tant que techniquement ce ne soit pas faisable, car Google présente un certain nombre d’inconvénients, tels que le non-respect de la confidentialité des internautes et Qwant pourra mettre en place une politique plus restrictive pour accéder à des sites Web douteux, mais le problème est qu’il est impossible de changer les HABITUDES des utilisateurs. De la même manière qu’un réfrigérateur c’est un frigidaire, bien que ce soit une marque et pas un terme générique, la recherche c’est Google. Même Yahoo s’est cassé les dents sur le monopole de la Compagnie de Mountain View. Et on voit mal un parfait inconnu sans ressources, car les investissements de Qwant sont à des années lumières de ce qu’il faudrait envisager pour ne serait-ce que faire vaciller l’ogre Google, réussir là où toute la planète a échoué. Y compris les chinois, que l’on ne peut pourtant pas taxer de non nationalisme.

Après quelques opérations de communications à venir, qui témoigneront de ce que quelques clients et agences gouvernementales auront choisi Qwant (tout en gardant Google), le projet retombera dans l’oubli.

Les contribuables français auront perdu au passage quelques dizaines de millions d’€ et ne penseront sans doute pas à se demander si leur « Caisse des Dépôts » est bien dans son rôle de jouer les « blue angels » et risquer ainsi l’argent de leurs impôts, qu’elle est pourtant censée conserver et protéger.