Les acteurs informatiques qui font du Cloud un axe fort de développement, comprennent que s’ils ne disposent pas des ressources Cloud en propre et doivent passer par les infrastructures d’autres compagnies, le risque est grand, tout au moins est-il ressenti comme tel par leurs clients, de ne dépendre que d’un seul prestataire.

C’est pourquoi il souffle un vent de panique actuellement, avec des acteurs qui cherchent à tout prix à diversifier leurs ressources en tablant sur plusieurs prestataires.

C’est ce que vient de faire Apple, qui pour ses prestations Cloud, s’en remettait jusqu’à présent à AWS, mais qui investit entre 400 et 600 millions $, pour passer en partie sur Google, qui s’avère décidément comme LE concurrent d’AWS, pour ce type de prestations.

Des contraintes différentes

Si l’on compare les principaux services accessibles sur le Cloud, on voit bien que les contraintes ne sont pas les mêmes.

Pour un service d’IaaS, il est essentiel de maintenir un niveau absolu de disponibilité et donc de prévoir des plans de relève, si pour une raison quelconque les ressources de l’hébergeur Cloud venaient à défaillir.

Il est vrai que ce contexte de défaillance est plutôt rare, si l’on en croit les statistiques des observateurs, mais il peut arriver. De plus, il n’est jamais très sain pour un acteur majeur de ne dépendre que d’un seul prestataire, celui-ci pouvant être racheté ou changer de stratégie, comme vient de le faire HP, qui pourtant il y a peu, n’avait pas de mots assez convaincants pour exprimer sa confiance dans le Cloud.

C’est d’ailleurs sous cet éclairage qu’il faut comprendre l’attitude d’Apple.

Pour ce qui est du SaaS on est un peu dans le même contexte, à savoir que les applications mutualisées doivent fonctionner 7/24, sans défaillance. Et de ce point de vue les SAP, Oracle, IBM et autres Microsoft, sont évidemment très attentifs à ce que les prestataires en qui ils font confiance soient diversifiés, à la fois « dans l’esprit » et l’infrastructure. Quand ils n’assurent pas eux-mêmes la fourniture de ces ressources.

Quant au mode de développement PaaS, c’est très différent. Car là, le Cloud est plus une commodité, qu’un véritable choix technique. Commodité de ne pas avoir à installer des serveurs « on premise » et garantie de trouver « sur place » les API et plates-formes de développement les plus à jour. Si pour une raison quelconque, le Cloud venait à « prendre des vacances », ce ne serait pas trop grave,  le client pouvant facilement se retourner et fonctionner un temps en local.

Qui fait quoi réellement

Cette affaire de la diversification des ressources Apple sur le Cloud nous amène à nous poser quelques questions.

Qui fait quoi réellement dans ce domaine ? Sachant que nous faisons la distinction entre les datacenters et le Cloud, le datacenter pouvant jouer dans le Cloud un rôle d’infrastructure transparente, le client n’ayant pas à savoir où se trouvent ses données et applications. Et que l’on fera la différence entre un acteur qui propose des prestations de Cloud, sans être propriétaire des infrastructures et un autre qui se contente de fournir ces ressources.

Microsoft est-il un prestataire d’infrastructure de Cloud ? VMWare dispose-t-il en propre de ressources de ce type ? N’y a-t-il pas des accords croisés entre les spécialistes, dont les clients ne seraient pas informés ?

Il serait peut-être temps de mettre un peu de lumière dans ce domaine.

Après tout la paranoïa n’est pas nécessairement un défaut…