Alors que tout le monde se concentrait sur l’intérêt ou non de mettre en œuvre une nouvelle monnaie cryptographique, en l’occurrence Bitcoin, on ne s’est pas rendu qu’en fait l’important était ailleurs, dans le cœur de cette « monnaie », la technologie Blockchain, applicable à bien d’autres domaines que celui de la finance.

Une base de données décentralisée

Le principe de la Blockchain est celui d’une base de données décentralisée, une sorte de gros catalogue, stocké non pas sur un serveur bien précis, en un point unique, mais distribué en autant de noeuds qu’il y a d’affiliés au service qui la met en œuvre.

Il s’agit d’une succession de blocs mis à jour par des mineurs, dont la principale remonte à l’origine du mécanisme. Une version identique de la Blockchain étant portée par chaque nœud de la communauté. Les blocs se succédant dans le temps par mise à jour, pour tenir compte des transactions effectuées sur le réseau.

Avec ce système, le risque de malversation et de détérioration des blocs est réduit, car les contributeurs aux mises à jour, les mineurs, sont suffisamment nombreux et en concurrence pour le neutraliser. L’algorithme est fondé sur le principe des « généraux bysantins », à savoir que X généraux malveillants ne sauront perturber Y généraux loyaux. Et que les félons finiront par tourner en rond, sans conséquence pour les informations portées par les blocs valides de chacun des nœuds.

Il s’agit donc d’un étonnant moyen pour se préserver de toute intrusion et modification non souhaitée d’informations de tous ordres : un droit d’auteur, une signature, des diplômes, les différentes versions d’un document, un acte de propriété, etc.

Il ne faut pas s’y méprendre. Il s’agit là d’une avancée qui pourrait s’avérer décisive et qu’il ne faut surtout pas prendre à la légère. Car même si son utilisation dans le domaine de la monnaie peut paraître très contestable, il existe déjà nombreux domaines où elle s’avère déterminante et en cela constitue, de notre point de vue, l‘une des technologies les plus pertinentes apparues depuis 5 ans.

Le décentralisé contre le centralisé en quelque sorte.

Ce qui rejoint dans le principe d’autres domaines, tels que celui du Big Data, qui a fait sien les nouveaux systèmes de fichiers distribués, HDFS, Lustre et les autres.

Les produits vont affluer

Il est probable que de nombreux outils vont apparaître qui permettront de mettre en œuvre concrètement ce mécanisme, des API surtout mais aussi des services « clés en mains », ce que commencent à faire les grands de ce monde, tels IBM et Microsoft. Qui le plus souvent seront hébergés dans le Cloud et s’appliqueront à un domaine fonctionnel bien précis.

Ce qui est déjà le cas de la « zooz community », une communauté de covoiturage, d’Augur, qui s’est fixé comme objectif d’effectuer des prévisions dans des domaines aussi variés que la finance, la politique et les technologies.

Factom, pour sa part, utilise la Blockchain dans la gestion documentaire, pour garantir l’évolution d’un panel de documents, avec leurs différentes versions et certifier les modifications apportées dans le temps.

Dans le cas de Blockverify, la Blockchain permet de lutter contre la contrefaçon dans de très nombreux domaines : pharmacie, électronique, luxe, etc.

Dans le domaine de la logistique, Thingchain est une application qui trace l’historique d’un produit : circuit de distribution, provenance, identité, caractéristiques propres, etc…et la garantit.

Storj, bien connu des internautes, permet aux usagers de mettre à la disposition de la communauté leur propre capacité de stockage inutilisée ainsi que des ressources de calcul. Ce que propose également BitHealth.

Monegraph et Biproof sont deux applications qui permettent de garantir le droit d’auteur et la propriété intellectuelle.

Quant à Bitproof, il se situe dans le même contexte et permet de créer les preuves légales liées à un document (offre SealX) ou à une idée (GeniusX).

Sans oublier d’autres domaines tels que :

  • la preuve de l’existence (MyPowers, Assembly, BlockCDN)
  • les « smart contracts » combinés à l’Internet des objets, des applications qui assurent qu’un produit a bien été envoyé par son fournisseur

Manifestement c’est là que se situe l’intérêt des Blockchains.

Et on peut être certain que l’on n’a pas fini d’en parler. Il serait d’ailleurs peut-être temps de s’intéresser à ce drôle de jeu mathématique que sont les « généraux bysantins »…qui n’a d’ailleurs rien à voir avec les généraux en question !!!