Il s’est produit un évènement chez Oracle qui est passé quelque peu inaperçu, l’arrivée de la nouvelle version du SGBD maison, Oracle Database 12c Release 2, connue aussi sous l’appellation d’Oracle Database 12.2.
Mais cet évènement est d’importance, car pour la première fois dans l’histoire de l’éditeur, la première « mouture » de cette nouvelle version n’est disponible que sur le Cloud, avant de l’être, sans doute prochainement, « On Premise ».

Evidemment cela ne fera pas plaisir à tout le monde, car la grande majorité des utilisateurs, ont signé pour des versions locales et « bénéficient » dans ce cadre d’un support, qu’ils payent au prix fort.

Et si la plupart d’entre eux acceptent des contraintes financières « exorbitantes », c’est pour disposer d’une plate-forme performante, adaptée aux charges lourdes du transactionnel, qu’ils ne trouvent pas ailleurs. Ces utilisateurs ne comprenant donc pas pourquoi il faudrait privilégier des usagers, qui ne constituent pas le cœur de cible d’Oracle (pour l’instant).

La décision d’Oracle de privilégier les solutions IaaS portées par le Cloud, témoigne en tout cas de ce que désormais le pli est pris et Larry Ellison peut déjà annoncer que sa Compagnie sera la première IaaS à dépasser les 10 milliards $ de revenus annuels.

Cela dit, Oracle ne pourra faire l’économie de disposer simultanément des deux solutions : Cloud et « On Premise », sur un pied d’égalité, car pour des raisons de sécurité et surtout de performances, l’IaaS ne sera pas l’idéal pour tout le monde, qui introduit des couches logicielles intermédiaires pénalisantes pour les applications.

Il faudra bien les 2 et on ne comprend donc pas pourquoi Oracle n’a pas annoncé sa nouvelle « release » simultanément dans les 2 versions.

Pub, tentative de passer en force, il faut s’attendre à tout avec Oracle. Mais attention quand même, car certains clients parlent déjà d’ « Orexit », par référence au « brexit » britannique. Après tout personne ne croyait au départ du Royaume Uni de l’Europe…et pourtant…

On allait l’oublier, qu’y a-t-il de nouveau ?

Oracle 112c Release 2 comporte bien entendu des nouveautés intéressantes :

d’abord pour le Cloud, des améliorations pour le mode multitenant, une même base pouvant être exploitées par plusieurs entités distinctes. Selon plusieurs sources, la Release 2 serait très pertinente de ce point de vue, qui règle effectivement de nombreux points laissés en suspens avec les releases précédentes.
de nouvelles dispositions améliorent l’agilité de l’exploitation, avec des mouvements en ligne de bases issues de différents supports, Cloud, datacenters et serveurs « On Premise », par exemple, l’objectif étant de faire en sorte que ces mouvements soient les plus simples possibles, sans programmation, ni opérations lourdes de migration. Ces mouvements doivent se faire « fingertips », comme disait Bill Gates, sans se préoccuper des caractéristiques d’implantation et de supports de stockage.
amélioration de l’analytique Big Data en mode « In Memory », à la fois en termes de performances et de représentations graphiques originales
sans compter des centaines d’autres dispositions nouvelles, des drivers pour tous les langages de programmation, l’amélioration de plusieurs frameworks clés, mais aussi de nombreux changements en termes de sécurité, de haute disponibilité, d’évolutivité et d’administration.

Mais on l’a vu ce n’est vraiment là que se situe l’originalité d’Oracle 12c Release 2.

Une tendance très générale

Personne ne nie que le balancier est en train de pencher fortement vers les solutions portées par le Cloud. Mais avec une préférence pour le mode Cloud public SaaS et le PaaS (développement). Par contre, l’IaaS continue de susciter des interrogations, de nombreux clients ne voyant pas vraiment sa différence avec le mode d’hébergement traditionnel. Qui n’a pas vraiment convaincu non plus.

On a beau dire que le taux de disponibilité des ressources frôle les 100 % sur les Clouds majeurs, le spectre de la perte de confidentialité et d’une manière générale, les faiblesses de sécurité, continuent de provoquer des réactions négatives.

Mais il ne faut pas se faire d’illusion. Le mouvement est en marche, la plupart des grands éditeurs cherchant à privilégier un mode de fonctionnement qui leur assurera des revenus permanents, beaucoup plus élevés que ce qu’ils auraient obtenu avec des licences locales.

Toute la question sera de savoir si les éditeurs concernés maintiendront des versions « On Premise » en parallèle des solutions IaaS, où s’ils ne maintiendront que les versions Cloud.

Pour l’instant chez Oracle, les choses sont claires. Mais pour combien de temps ?