Quand le produit Open Office a été repris par la communauté Apache, nous nous sommes dit comme beaucoup d’autres, que la suite était entre de bonnes mains et que c’était la meilleure nouvelle que pouvaient espérer les usagers, qui avaient déserté Office pour rejoindre la suite libre.

Malheureusement cette décision risque aujourd’hui de virer au cauchemar. Car Apache parle de plus en plus de l’abandonner, qui de toute façon ne la suivait que de loin, sa dernière mise à jour sérieuse datant de 2014.

Il est vrai aussi qu’entre temps, la suite concurrente Libre Office, désormais en 5.1 a fait preuve de beaucoup de dynamisme, la communauté ayant d’ailleurs récupéré une bonne partie des développeurs qui étaient à l’origine d’Open Office.

Selon Dennis Hamilton, VP d’Apache Open Office, il n’y a plus qu’une douzaine de bénévoles qui continuent de maintenir et de faire évoluer le produit, qui sont donc matériellement dans l’impossibilité de tenir la dragée haute à Libre Office et MS Office.

Rien n’est encore définitif, quant à un arrêt possible d’Open Office, sauf que les responsables d’Apache ont précisé que quoiqu’il arrive, le code source resterait disponible, pour ceux qui voudraient bien se plonger dedans… Ce qui est un signe.

Et les utilisateurs ?

Apache a sans doute raison de tirer les conclusions qui s’imposent et peut-être qu’effectivement, Open Office, lointain descendant de Star de Sun, va tirer sa révérence…

Mais que vont devenir les utilisateurs ?

Dans de nombreuses entreprises et organisations gouvernementales, Open Office a donné lieu à des plans de migration de grande envergure, avec formation et accompagnement du changement, qui ont coûté très cher. Surtout si on ajoute à la note finale la réécriture de certaines applications, qui n’ont plus trouvé Excel en bout de ligne, mais Calc.

Que vont-elles faire ?

Elles auront le choix entre 2 options. Soit passer à Libre Office, soit faire machine arrière et revenir à MS Office.

Le DSI ou le Directeur Général, qui aura provoqué le passage à Open Office, va se sentir tout penaud, d’autant que contrairement à ce qu’il avait annoncé, Open Office n’a jamais fait économiser un dollar aux entreprises qui en avaient fait le choix.

Cet épisode est d’autant plus désagréable qu’il jette l’opprobre sur l’Open Source en général. Et l’on entend déjà ses adversaires qui vont se répandre sur l’idée qu’il est décidément impossible de pérenniser une activité commerciale, si elle n’est pas fondée sur le profit financier. Les concepts de collaboration et de coopération seront présentés comme des utopies, sympathiques mais inutiles, voire dangereuses.

Evidemment ils vont s’en remettre. Mais quel est le DSI qui n’aura pas désormais un petit pincement d’inquiétude quand il proposera de s’affranchir de Microsoft, d’Oracle ou de Google au profit d’une solution libre ?