A l’occasion du CES de Las Vegas, un nouveau venu sur la scène des moteurs de recherche, Omnity, est apparu, créé par un aéropage de scientifiques, dont Kary Mullis, prix Nobel de chimie en 1993, Mason Porter professeur à Oxford et Dan Jurafsky, également professeur, mais à Stanford, qui en ont fait la démonstration concrète. Le moteur étant destiné plus précisément à la communauté scientifique.

Omnity est un moteur qui analyse les mots clés proposés par le chercheur et constitue en retour une myriade d’arborescences,  dont chacun des points centraux est un thème « proche » de ceux qui intéressent l’utilisateur.

Chaque arborescence regroupe un ensemble de thèmes, supposés proches sémantiquement des mots clés de base, avec lesquels le chercheur pourra continuer à approfondir son analyse.

En fait, la technique proposée par Omnity n’est pas nouvelle, qui est celle de l’arbre lexical, autrement dit la constitution d’un arbre qui là encore regroupe des mots et thèmes qui semblent avoir une véritable proximité avec ce qui intéresse les chercheurs.

Il faut savoir que la notion de proximité a un sens en mathématiques et qu’il est possible de la quantifier.

C’est ce qu’ont d’ailleurs fait les créateurs d’Omnity, qui non seulement proposent un ensemble d’arbres proches des demandes des chercheurs, mais aussi un diagramme de proximité pour chacun des thèmes mis en valeur, les plus proches étant bien entendu, ceux qui présentent, à priori, le plus d’intérêt.

Pour l’instant Omnity n’existe qu’en version béta et a encore besoin de s’affiner pour être véritablement crédible et opérationnel. Et sans doute ses concepteurs ont-ils aussi besoin de fonds pour « industrialiser » leur produit. Ce qui expliquerait leur présence à Las Vegas.

Mais nous l’avons tout de même testé. Pour constater d’abord qu’il ne fonctionne qu’en anglais, ce qui est beaucoup plus facile à faire qu’en français, en arabe ou en chinois, des langues syntaxiquement infiniment plus complexes et surtout qu’il ne s’applique qu’aux domaines scientifiques. Sans qu’apparemment ce soit d’ailleurs une volonté délibérée et explicite de ses créateurs.

En tout cas, quand nous lui avons soumis le mot clé « relativity », ce qui, reconnaissons-le, est un piège, il nous a rendu une copie « impeccable » avec les arbres « quantum gravity », « general relativity », « theory of relativity » et « principles of relativity » (entre autres), sans nous perturber avec des considérations philosophiques sur la relativité de la condition humaine.

Par contre, quand nous avons cherché à connaître les résultats des derniers matchs de Hockey de la NHL pour le « Canadien de Montréal », il est parti dans le mur et a décidé que nous étions d’abord intéressés par la « société des acadiens et acadiennes du Nouveau Brunswick », par CCM, une marque d’équipements sportifs, par les résultats de la saison 1950-51 du « Toronto Maple leafs ». Quant à l’équipe de Montréal qui nous intéressait, il nous a ressorti les résultats de la saison 1909-1910. Mais pas ceux de 2016.

Tout cela est donc à appréhender avec beaucoup de circonspection, sans toutefois nier l’intérêt des idées nouvelles susceptibles d’apparaître, même si elles peuvent sembler « à priori », assez farfelues. Car nous savons bien que c’est dans le domaine de la sémantique et de la maîtrise des ontologies, que la bataille des moteurs se situe aujourd’hui.

Quant à Omnity, il semble que dans son domaine scientifique, le nouveau moteur s’appuie sur une ontologie très élaborée, un peu comme l’a fait le britannique Wolfram dans le même créneau scientifique, il y a quelques années.

A suivre.