Nous le répétons suffisamment souvent, le fait d’interdire et de sanctionner les initiatives qui tendent à favoriser la participation des particuliers à des processus commerciaux, est une stupidité, dont les politiques de certains pays seront comptables dans le futur.

Qui ne comprennent pas que le monde change et avec lui les pratiques, basées sur la proximité numérique, sur la géolocalisation, sur la disponibilité des personnes et sur une logique de fonctionnement, contre laquelle ils ne pourront jamais rien faire.

Car à quoi servira un mobile si on ne pourra pas l’utiliser à des tâches gratifiantes, qui amélioreront les conditions des personnes et les feront participer à l’activité de la société ?

Amazon et le service Flex

Le dernier en date à venir sur ce « champ de bataille » est Amazon, à l’origine d’un nouveau service, dit Flex, qui associe les particuliers à la logistique du dernier km. Celle de la livraison des colis directement chez les clients.

Les particuliers intéressés pourront travailler 2, 4 ou 8 heures par jour, seront sous contrat et pourront même donner leurs disponibilités pour les jours à venir, qui ne devront toutefois pas dépasser 12 heures dans la même journée. Ils seront rémunérés entre 15 et 28 $ de l’heure.

On croit rêver. Alors que dans certains pays, les gouvernements légifèrent sous la poussée des lobbies locaux, pour interdire ces pratiques et dans le même temps plient sous une dette extérieure gigantesque, avec des taux de chômage abyssaux et des durées de temps de travail réduites, aux Etats-Unis, on fait exactement l’inverse.

Et l’initiative d’Amazon est considérée comme une avancée logique et favorise ce que l’on nomme la « gig economy » ou économie du partage, une pratique que l’on connaît bien, tant les seniors, par exemple, cumulent déjà leur retraite avec des travaux d’accompagnement, qui leur évitent de devenir des ventouses devant les « soap operas » de la télévision.

Le service Flex est d’abord lancé dans la ville d’origine d’Amazon, Seattlle, avant d’être étendu à New York Manhattan, Chicago, Baltimore, Miami, Dallas, Austin, Indianapolis, Atlanta et Portland.

Grâce à Flex, Amazon va pouvoir améliorer son service de livraison, qui est fondé sur « Prime Now », une disposition d’Amazon, qui laisse le choix au client d’être livré sous une heure, moyennant 7,99 $ supplémentaires, ou gratuitement en 2 heures. Ce qui est déjà remarquable.

Et il est vrai que la disponibilité des indépendants et surtout leur localisation géographique répartie partout sur le territoire, est un atout extraordinaire pour Amazon, qui trouve là une solution économique pour satisfaire ses clients.

Amazon, interrogé sur l’avenir de son service, a même précisé que très prochainement, les collaborateurs non propriétaires d’un véhicule pourront participer à cette activité, libre à eux de livrer en bicyclette ou même à pieds.

Un déferlement planétaire

Il est probable qu’après les initiatives lancées par des compagnies peu connues et souvent établies pour l’occasion, avec Amazon on est plus du tout dans la même échelle. Qui va donner à cette économie du partage, d’autres l’appellent de manière un peu péjorative, l’économie des « petits boulots », une aura et une légitimité qu’elle n’avait pas nécessairement.

Il suffirait même qu’un géant comme Apple fasse la même chose, pour que tout le monde, y compris les réticents d’aujourd’hui, crient au génie.

De toute façon, on y viendra et les législateurs qui ont cru bon de ligoter encore un peu plus leur économie, y viendront contraints et forcés. Dès lors, ils n’hésiteront pas à affirmer que c’est la meilleure idée qui leur sera venue à l’esprit depuis 20 ans.

Mail il est vrai que le ridicule ne tue pas. Sinon, il n’y aurait plus beaucoup de politiques à la télévision.