Il est une tendance très générale qui touche aussi bien les systèmes de messagerie, les moteurs de recherche que certains outils mis à notre disposition sur un mobile, qui tendent à nous rendre idiots, plus précisément à se substituer à nous, dès qu’il s’agit de penser et de réfléchir.

On l’avait déjà noté il y  a quelques mois avec la messagerie Verse d’IBM, qui adossée à Watson, prétendait organiser nos réunions, prioriser la présentation des messages et prévenir nos collègues et interlocuteurs des tâches que nous allions accomplir pendant la semaine.

Il n’y avait plus qu’à mettre les pieds sous la table…

Google s’y met aussi, qui dote son service « Maps » d’un algorithme d’anticipation, le « driving mode », qui tente de deviner où nous voulons aller, avant même que nous nous soyons exprimés.

Il se fonde pour cela sur l’historique des positions, sur celui des recherches effectuées sur le Web, sur l’historique de navigation, etc. Tant il est probable que si nous cherchons l’adresse de notre client sur Internet et qu’ensuite nous allons sur Maps, c’est sans doute que nous avons décidé de nous rendre chez lui…Et pas d’aller chez notre beau-frère.

Ce sera après un jeu d’enfant pour Maps que de nous préparer l’itinéraire le plus adapté, compte tenu des moyens de transport que nous utilisons habituellement…et dont il connaît la nature.

Tout ceci dépendant, bien entendu, de la qualité de ces fameux historiques, tout au moins de leur précision, qui peut dépendre des règles de confidentialité adoptées.

Cette fonctionnalité sera livrée avec la version Maps 9.19. Le ver est dans le fruit…

De vraies questions

Comme beaucoup d’usagers, nous nous posons au moins 2 questions.

La première est liée au fait que plus nous avançons dans le temps, plus l’intrusion dans notre vie privée et habitudes comportementales, devient évidente.

Google, Yahoo ! et Microsoft, pour ne citer qu’eux, ont amassé des masses d’informations considérables, sans nous demander notre avis et comptent bien s’en servir pour améliorer les services qu’ils nous proposent…et surtout étendre leur influence.

Compte tenu de ce que l’on voit mal comment se défaire de cette introspection énervante, car on ne peut pas se maintenir en permanence en situation de « qui vive », c’est plutôt l’usage de ces données qui nous semble poser problème.

Car au fond, si on suit bien la stratégie de ces « partenaires », ce qu’ils cherchent à faire, c’est de nous empêcher de penser, s’ils peuvent le faire à notre place. Et se substituer à notre cerveau…

Une tendance qui a commencé avec les correcteurs orthographiques dans Word, qui ont abouti à ce que plus personne ne sait correctement écrire une phrase (il suffit de regarder les sous-titres à la télévision). Le processus a continué avec les calculatrices, dont la conséquence est que si vous évoquez la notion de racine carrée avec une « jeune pousse », elle vous affirmera que c’est un joueur de Baseball des Orioles de Baltimore. Pour se poursuivre avec Wikipedia qui a tué le réflexe de recherche, pourtant à la base de la connaissance. Les vrais spécialistes vous expliquant que la connaissance vient de la compréhension et que celle-ci dépend de l’effort effectué pour l’atteindre.

Or avec Wikipedia, il suffit de demander.

Microsoft ayant d’ailleurs ajouté un « intéressant » mécanisme dans Word, si jamais vous vous posez des questions sur l’orthographe d’un mot ou si vous voulez ajouter quelque chose de pertinent à votre texte. Cette disposition s’appelle « Insights », accessible depuis Word et Excel, qu’il suffit d’actionner sans perdre le fil de votre rédaction.

Evidemment cela nous évitera de confondre Einstein avec les Beatles. Mais où se trouve l’effort dans cette affaire ?

Et si l’on se projette un peu dans l’avenir, le risque est qu’à force d’être environnés, nous ne sachions plus réfléchir, décider, chercher, voire tout simplement lire et calculer.

A ce rythme, c’est certain nous allons devenir idiots. Peut-être même le sommes-nous déjà.