Coup de tonnerre dans le monde des graphistes. Microsoft s’attaque à Apple…

Il est de tradition que les designers, graphistes et autres créateurs ne sauraient utiliser autre chose qu’un équipement Apple, avec les logiciels à la marque de la pomme.

C’est comme ça. Même si en regardant de près, on se rend compte qu’en dehors de la simplicité d’usage qui a toujours été en faveur d’Apple, le contenu des Photoshop, InDesign, Illustrator et autres applicatifs dédiés, sont quasiment les mêmes sur les 2 plates-formes, il ne saurait être question pour un designer de déchoir et exploiter une machine Windows. C’est une question de principe.

L’ennui en cette fin 2016, c’est qu’Apple ne fait plus rêver personne, perd des parts de marché de tous côtés, voit son chiffre d’affaires diminuer et ne doit son salut actuel finalement qu’à l’héritage de Steve Jobs et non pas à la stratégie « volontariste » de Tim Cook.

C’est sans doute pour cela que Microsoft s’est vu pousser des ailes et s’est dit que c’était sans doute le moment de lancer une grande offensive sur ce créneau, avec une nouvelle gamme de machines dédiées à cette catégorie d’usagers, un Surface Studio, un monstre technologiques, qui devrait faire taire les réticents, à condition qu’ils soient un minimum de bonne foi.

En fait Microsoft a annoncé 2 nouveaux produits, le Surface Book i7 convertible, qui est une mise à jour de son Surface Book et une machine destinée aux designers, le Surface Studio.

A l’assaut du MacBook Pro

Avec son Surface Book i7, Microsoft vise manifestement le marché des MacBook Pro et ne manque pas d’arguments.

Il est doté d’un processeur Intel Core i7 Skylake, ce qui se fait de mieux chez Intel, en attendant le Canonlake, mais surtout d’une carte graphique GPU NVidia GeForce GTX 965M qui comporte sa propre mémoire SSD de 2 GB GDDR5. Au-delà du NVidia, le Surface Book i7 dispose de 8 GB de RAM (extensible à 16 GB) et d’un espace de stockage SSD de 256 GB, lui-aussi extensible à 512 GB et 1 TB. De quoi voir venir…

Il est doté par ailleurs d’un écran 13 pouces, d’un nouveau système de ventilation et Microsoft estime son autonomie à 16 heures, soit 30 % de mieux que pour le modèle précédent.

Son prix est malheureusement très (trop) élevé, qui démarre à 2 399 $, jusqu’à 3 299 $ en fonction des configurations, qui le destine aux utilisateurs les plus aisés.

Surface Studio, l’arme fatale…

La véritable nouveauté des annonces Microsoft reste cependant son Surface Studio.

Il s’agit d’une véritable station de travail, dans la grande tradition des graphistes, avec un immense écran tactile très fin de 28 pouces (12,5 mm d’épaisseur), en technologie OLED pour une définition de 4 500 x 3 000 pixels, soit 13,5 millions de pixels.

Pour Microsoft, ce Surface Studio inaugure une nouvelle gamme d’ordinateurs. Nous ne le suivrons pas dans cette appréciation, car il existe de nombreuses stations qui ont la même ambition, mais il y a effectivement du « lourd » dans cette annonce, qui témoigne que décidément, après Hololens et d’autres initiatives surprenantes, l’innovation et le risque ont changé de camp, pour aborder les rives de Seattle plutôt que celles de Cupertino.

L’idée de Microsoft est d’inviter sur cette machine toutes les formes de représentations, 2D, 3D, hologrammes, etc. Qui en termes conceptuel vont de plus en plus se mélanger et à qui il faut donner les moyens pour être mis en scène.

Le plus surprenant dans ce Surface Studio, au fond ce n’est pas tant la machine elle-même, mais un tout nouveau périphérique, le Surface Dial, un petit boîtier circulaire, qui se place directement sur l’écran et qui en fonction des applications, affichera des menus contextuels, le choix d’une couleur, l’ajustement d’un son, etc. Ce Surface Dial étant un peu la trousse à outils que le plombier emmène avec lui et qu’il dépose à côté du siphon qu’il est en train de déboucher.

Concrètement, le designer gardera la main sur ce boîtier, qu’il orientera de manière circulaire de manière à obtenir l’effet attendu. Ce n’est effectivement pas bête et les démonstrations faites à New York lors de la présentation du Surface Studio, par des designers connus, avaient effectivement un sens.

Du point de vue configuration, le Surface Studio est motorisé par un processeur quadri-cœur Intel i5, qui n’est pas le plus rapide, mais ce n’est pas ce qu’on lui demande, d’une carte NVidia GeForce GTX 965M avec 2 GB de mémoire, d’un disque dur hybride de 1 TB, susceptible d’atteindre un pic de performances de 1,9 téraflops. L’idéal pour les calculs d’objets 3D, de surfaces, d’ombrages, etc.

D’autres versions sont disponibles, avec un processeur i7 au lieu de l’i5 et plus de mémoire dans la carte graphique, les prix s’étalant de 3 000 à 4 200 $ environ.

La machine « tout en un » est livrée avec les accessoires nécessaires, mais le Surface Dial n’est cependant qu’une option. Ce qui est curieux.

Et pendant ce temps, Apple dort…

Tout le monde constate aujourd’hui qu’Apple n’arrive pas à se sortir d’une léthargie qui s’avère plus longue que prévu. Peu de projets vraiment nouveaux voient le jour, aucune originalité dans les nouveaux iPad et iPhone, abandon clair de la gamme Mac qui a fait son succès (mérité), peu d’initiatives dans les logiciels, etc.

N’y a-t-il plus de concepteurs chez Apple ? Personne  pour brasser des idées neuves et faire écarquiller les yeux des fans ? Même IBM s’avère plus novateur que lui…

Attention Apple, les inconditionnels du design vont finir par s’en rendre compte…