Le projet d’anonymisation TOR bien connu des usagers qui veulent naviguer dans la toile sans être remarqués et qui comporte ses propres moteurs de recherche et serveurs, dotés de l’extension .onion pour des noms de domaines de premier niveau, vient d’annoncer la béta d’un système de « chat » ou de clavardage, comme disent les québécois, basé sur le même principe de l’anonymat.

Histoire de discuter sans être entendus…

A vrai dire, le chiffrement des messages envoyés par IM existe déjà chez Pidgin et Adium, ce dernier destiné aux machines Mac OS X, mais les développeurs qui participent à cet addon de TOR, estiment qu’ils vont plus loin que tout ce qui a été proposé jusqu’à maintenant, en termes d’anonymisation de ce type de communications. D’autres tentatives ont déjà été effectuées sur TOR, avec TorChat et Invisible.im, mais aucune n’a vraiment dépassé le cercle restreint de leurs développeurs…

Un an de travail

La version beta que vient d’annoncer le projet TOR, baptisée TOR Messenger, fait suite à 3 versions alpha qui se sont succédées depuis un an. Elle bénéficie d’une base Instantbird de Mozilla, développée sur un « run time » XUL Runner (utilisé par Firefox) et libpurple la bibliothèque Open Source de Pidgin, ce qui la rend compatible avec la plupart des protocoles d’IM : Yahoo !, ICQ, IRC, Jabber (XMPP), SIP, Google Talk, Twitter, etc. La différence étant que cette fois le trafic passera par TOR, qui garantira l’anonymat des correspondants.

Pour faire bonne mesure, les développeurs de l’IM TOR lui ont adjoint la bibliothèque « OTR (Off-The-Record) Messaging » ce qui lui permet de bloquer la localisation géographique des correspondants et de chiffrer les messages émis. Ce que résume le site américain « The Verge » qui traite de l’actualité technologique en disant que TOR garantit l’anonymat des correspondants, pendant qu’OTR leur confère le secret et le chiffrement.

Selon les développeurs qui ont contribué au projet, la version finale qui débouchera bientôt ne sera pas dotée des extensions sons et vidéos. Ce sera, si tout se passe bien, pour la prochaine.

Où est la morale ?

Ce qui est étonnant dans cette annonce, c’est que chacun la traite d’un simple point de vue technique, sans se préoccuper de l’usage qui pourrait être fait de TOR Messenger.

Car comme TOR lui-même, ce sont sans doute ceux qui ont le plus à craindre qui s’en serviront, sauf cas rarissimes, comme les hackers où ceux qui dans le Deep Web veulent communiquer sans laisser de traces. Pas sûr que cela valait la peine de dépenser autant d’énergie.