Selon le consultant Coughlin Associates, qui fait état des dernières avancées en matière de stockage magnétique, telles qu’elles ont été présentées à l’ISSC 2016 de San Francisco, pour la première fois dans l’histoire, les mémoires Flash (SSD) ont dépassées les disques durs en termes de densité surfacique.

Le 3D NAND à l’honneur

La « promesse » est à mettre au crédit de Micron qui a indiqué qu’il avait atteint une densité surfacique de 2,77 Tbsi (Tera bits per square inch) avec une mémoire 3D NAND. Supérieure donc à celle des HDD, bien qu’il faille se méfier de ce type d’affirmation, dans la mesure où d’autres études font état d’avancées encore plus spectaculaires pour les bandes et les disques durs ().

Sachant aussi que les fabricants tirent la « couverture à eux » en mélangeant ce qui est du domaine du laboratoire, de ce qui existe réellement sur les produits commercialisés.

Lors de sa présentation à ISSCC 2016, Samsung s’est livré à une petite comparaison en projetant les évolutions des mémoires et celles des HDD, d’ici 2025. Comparaison un peu orientée, mais qui montrait effectivement le croisement des courbes en faveur des 3D NAND, depuis la fin 2015.

Concrètement, car somme toute, c’est cela qui est important, Samsung mais aussi d’autres fabricants, ont indiqué qu’ils prévoyaient des modèles 3D NAND à 15 TB au format 2,5 pouces. Le japonais Fixstars commercialisant déjà un modèle 13 TB en SSD même format, pour 13.000 $ (1 $ le GB), alors qu’un HDD de 8 TB, toujours selon Coughlin Associates, est vendu 515 $.

Le 3D NAND coûte cher à fabriquer

On voit bien que le 3D NAND a la côte. Mais il est difficile à fabriquer et exige des usines dédiées, dont le coût peut être jugé exorbitant, de l’ordre de 10 milliards $. Micron et Intel pouvant aussi se contenter de remettre à niveau, les outils de fabrication dont ils disposent déjà.

Au final, le coût ramené au GB est encore largement plus élevé que celui des disques, mais il diminuera suffisamment pour devenir compétitif dans certains cas. Celui des laptops de haut de gamme, par exemple, pour lesquels il pourrait représenter 25 % du marché en 2016 et 41 % en 2017, si l’on en croit l’analyste DRAMeXchange.

En termes de prix, Coughlin estime pour sa part que les SSD 3D NAND et les NAND planaires pourraient être équivalents en 2017, ce qui montre bien que Samsung, SanDisk, Toshiba, Micron et Intel, pour ne citer qu’eux, ont eu raison de s’investir dans la technologie 3D. Toutefois, Coughlin reste sceptique sur le fait que les SSD puissent descendre au prix des HDD.

Dichotomie du marché

Il ressort de tout cela qu’il faut s’attendre à ce que les SSD remplacent les HDD sur tous les hauts de gamme, tablettes et laptops, pendant que les HDD resteront prioritaires sur les produits d’entrée de gamme.

Pour ce qui est des baies de stockage, ce sera à peu près le même découpage, là aussi avec des modèles de haut de gamme totalement SSD…qui existent déjà.