Le groupe Synergy spécialisé dans les analyses de marchés, vient de publier une étude portant sur les acteurs du Cloud pour le 2 ème trimestre 2016, qui montre la prédominance du Big Four, autrement dit d’Amazon, Microsoft, IBM et Google.

Ces quatre-là affichent une progression moyenne de 68 %, contre 41 % pour les vingt suivants, parmi lesquels on trouve quand même un certain nombre de grands noms : Alibaba, AT&T, BT, Century Link, HPE, NTT, Orange, Rackspace, salesforce, etc.

L’ensemble du marché du Cloud est estimé à 28 milliards $ par Synergy, ce qui rejoint les chiffres du Gartner, qui prévoyait 27 milliards $, mais dans les deux cas, uniquement pour les services IaaS, PaaS et Clouds privés, à l’exception du SaaS, l’exploitation des logiciels dans le Cloud en mode multitenant.

Dans ce contexte, c’est Amazon Web Services qui domine largement, avec 32 % environ de parts de marché, devant Microsoft à un peu plus de 10 % et IBM,  positionné à environ 8 %.

En termes de progression d’une année sur l’autre, c’est Microsoft par contre qui est le plus performant, à 100 % d’augmentation, devant IBM à 57 % et AWS à 53 %. Derrière ce trio, Google est à 100 % d’augmentation, mais ne prétend pas à plus de 5 % du marché mondial.

Evidemment si l’on tient compte de l’activité SaaS, Microsoft et Google vont dominer leurs concurrents, ne serait-ce qu’à cause d’Office 365 et Google Apps. Sans compter IBM qui avec SoftLayer est en train, lui-aussi, de réussir son entrée sur ce marché.

Ce qui est intéressant dans cette étude est qu’elle se focalise sur les activités d’hébergement de ressources, celles que l’on a l’habitude de comparer à deux autres formes d’impartition, comme disent les québécois : l’hébergement en datacenters et les Clouds souverains.
Pour ce qui est des Clouds souverains, on voit bien que désormais la marche est très haute, pour espérer être crédible. Entre 5 et 10 milliards de chiffre d’affaires par an, il n’y a pas beaucoup de Clouds souverains qui supporteront la comparaison. Et c’est pourtant sur ce critère financier et sur la garantie de service que va se jouer la montée en puissance des acteurs du créneau.

Et pas sur celui de la confidentialité comme se plaisent à le répéter les promoteurs des Clouds « nationaux », comme si le fait de disposer des ressources à l’intérieur des frontières physiques était une garantie de non récupération des données à des fins commerciales ou malveillantes.

En fait, les organisations gouvernementales qui préconisent les solutions souveraines, ne font rien d’autre que du protectionnisme commercial. Et pour cela tous les prétextes sont bons, y compris celui de faire croire aux usagers que leurs données seront mieux protégées parce qu’elles seront stockées sur des disques « souverains ».

Ce n’est pas très sérieux.

Par contre, elles auraient tout intérêt à booster la recherche dans des domaines tels que la cryptographie avancée ou le chiffrement homomorphe, pour pouvoir appliquer du code à des données chiffrées, hébergées dans un Cloud. Là ce serait beaucoup plus utile.

Et quand ces organisations n’arrivent pas à convaincre les clients de ce qu’il faut opter pour la préférence nationale, elles n’ont d’autres choix que de l’imposer par la loi. Ce que viennent de faire plusieurs pays. Après avoir parfois, de manière outrageuse, investi dans des structures souveraines, avec les deniers publics, autrement dit, ceux des contribuables…