Wi-Fi était bloqué sur le 802.11ac depuis 2 ans, avec des débits très acceptables. Mais cette fois avec le 802.11ax, Wi-Fi entre vraiment dans une autre dimension.

A l’occasion du MWC (Mobile World Congress) qui se tiendra à Barcelone fin février 2017, un standard très attendu va faire sa première apparition, le 802.11ax, présenté il y a 2 ans sur le concept, mais qui grâce à Qualcomm, va devenir une réalité, Qualcom ayant prévu de dévoiler ses deux premières puces compatibles : QCAA6290 pour les points d’accès et IPQ8074 pour les terminaux.

Sur le principe, le Wi-Fi 802.11ax répond à un double besoin, celui de servir de manière plus efficace les utilisateurs dans les zones à forte concentration, un terminal d’aéroport par exemple, mais aussi celui de la stabilité, qui n’était pas la première qualité des précédents standards.

De sorte qu’avec 802.11ax, les communications seront peut-être beaucoup plus rapides, mais ce n’est pas l’objectif premier, mais elles seront surtout plus efficaces, les bandes passantes étant mieux utilisées, pour aboutir à une meilleure stabilité. Efficacité qui aura d’ailleurs des conséquences sur la vitesse d‘emploi, puisque chaque usager sera mieux servi et donc bénéficiera de vitesses plus élevées. En gros on peut estimer que les performances seront multipliées par 4 : vitesse et efficacité.

Voilà en tout cas une norme qui rendra bien des services aux entreprises qui mettent du Wi-Fi à la disposition des utilisateurs dans des grandes salles de réunion, par exemple ou dans des lieux publics très fréquentés.

Ce qui démontre une fois de plus que Wi-Fi vit bien une seconde jeunesse et que plutôt que de l’opposer systématiquement aux réseaux cellulaires, c’est maintenant de complémentarité dont il faut parler.

Quatre explications techniques

Wi-Fi 892.11ax est basé sur 4 grandes évolutions, qui chacune contribue à la qualité et aux performances du standard.

D’abord la technique de modulation, celle qui permet d’embarquer des données sur la porteuse, modulée comme il se doit dans ce but. Ici il s’agit de l’OFDMA (Orthogonal Frequency-Division Multiple Access), qui présente le très grand avantage de moduler la porteuse différemment selon les besoins des utilisateurs. En d’autres termes si dans une même salle, quelqu’un est connecté à une vidéo, pendant que d’autres ne font que consulter leurs courriels, la modulation s’adaptera et favorisera celui qui a de gros besoins. Contrairement à ce que l’on avait en 802.11ac, où la modulation (donc la vitesse) était la même, quel que soit l’usage fait du support. Evidemment c’est un très gros progrès.

La deuxième raison qui explique les avancées du 802.11ax est la technique de multiplexage, MU-MIMO. Certes qui n’est pas nouvelle, puisqu’on l’a déjà vue sur Wi-Fi depuis le 802.11n voire sur d’autres technologies comme le WiMax, mais elle permet aussi de mieux exploiter les bandes passantes disponibles. Elle consiste à multiplexer les signaux sur une même antenne en mode 8×8, c’est-à-dire de servir 8 utilisateurs simultanément, aussi bien en émission qu’en réception.

Ce qui reviendra à ce que dans une même zone, chaque utilisateur aura le « sentiment » de disposer de sa propre antenne, définie en fonction de la position de l’usager par rapport au routeur. Avec « in fine » une meilleure couverture, dans les deux sens.

La technologie MU-MIMO fait partie de la mouvance du Massive MIMO, qui permet d’entrevoir un multiplexage de plusieurs centaines d’antennes, pour résoudre là encore le problème des zones sursaturées et que seules les « small cells » étaient susceptibles de soulager.

Autre élément qui contribue à l’efficacité 802.11ax, un système d’ordonnancement hérité de la 4G, permet d’organiser les flux vers une antenne, l’ « uplink resource scheduler », qui évite aux candidats à la remontée de fichiers vers l’antenne, de se bousculer, le « scheduler » leur attribuant des priorités de manière à optimiser et fluidifier le trafic.

Un  dernier point, pas idiot du tout, le TWT (Target Wakeup Time), qui intervient au niveau d’un point d’accès, auquel sont raccordés les clients, qu’il met en état de veille s’ils ne sont pas sollicités, de manière à réduire les interférences.

La technique de multiplexage OFDMA est pour beaucoup dans les performances du nouveau standard Wi-Fi 802.11ax.
Compatibilité arrière

La norme 802.11ax a la bonne idée d’être compatible avec les versions précédentes, comme l’a été le 802.11ac, grâce à l’usage des 2 bandes de fréquences 2,4 et 5 Ghz. De sorte que si dans le futur vous disposerez d’un ax à 5 Ghz, vous bénéficierez à plein de ses capacités, de vitesse entre autres, mais si vous en êtes encore à des versions un peu anciennes… personne ne vous empêchera de vous en servir avec les nouvelles installations.

En termes de vitesse, Qualcomm a déjà réussi à atteindre 4,8 Bps, soit plus de 4 fois le débit nominal du 802.11ac, mais d’autres fabricants ont été encore plus loin et ont dépassé les 5 Gbps. Une vitesse qui s’explique évidemment par le multiplexage des flots, étant entendu que si vous empruntez une « freeway » à 8 voies, la capacité de transport sera 8 plus élevée que si vous ne disposez que d’une petite route à une seule voie.

Pour ce qui est de la consommation d’énergie, les concepteurs ont beaucoup insisté dessus, estimant qu’elle conditionnera largement son futur succès. Car s’il faut rester à 2 mètres du routeur (ce qui n’est heureusement pas le cas) et que l’on ne dépasse pas les 10 mn d’autonomie, les usagers resteront sur 802.11n et ac.

De toute façon, il n’existe encore aucun point d’accès équipé, ni de smartphone compatible. On n’en est qu’aux circuits et Qualcomm espère rafler la mise, pour avoir été le plus confiant et réactif.

Normalement, le standard 802.11ax devrait être une réalité à la fin de l’année 2018. Les architectes ont donc encore près de 2 ans, pour modifier si nécessaire leurs plans et inclure une technologie, qui est quand même très séduisante.