A la fin 2016, les chercheurs de Google, en charge du projet GNMT (Google Neural Machine Translation) ont fait part d’une curieuse découverte. Selon eux, leur traducteur d’une langue étrangère à l’autre, serait devenu intelligent et autonome et aurait conçu, sans aide, son propre langage de programmation.

Les faits sont les suivants.

Google a lancé il y a quelques mois le projet GNMT, qui est un système de traduction automatique de vidéos, d’une langue à l’autre. Ce système est basé sur un cœur d’intelligence artificielle, en l’occurrence des réseaux neuronaux, qui analyse une phrase exprimée dans une langue et génère la traduction automatiquement dans une autre langue.

Evidemment, Google n’a pas expliqué dans le détail comment il s’y prend, mais il y a gros à parier qu’il découpe les phrases en unités élémentaires, qu’il traduit en d’autres unités élémentaires, spécifiques de la langue de destination, puis qu’il recombine selon les règles grammaticales et d’usage courant de celle-ci. Autrement dit, l’algorithme neuronal comporte un « corpus » commun utilisable par toutes les langues, mais aussi un bloc de personnalisation qui dépend de la cible visée.

Par rapport à sa première version PBMT d’un outil de traduction automatique, GNMT a fait beaucoup de progrès, qui ne procède plus mot à mot, mais tente de reconstruire une véritable organisation grammaticale qui dépend de la cible.
GNMT s’adapterait-il de lui-même ?

Les scientifiques font alors état d’un curieux constat.

Sans passer par l’intermédiaire d’une langue connue, l’anglais par exemple, ils ont demandé à leur outil de traduire une langue X dans une langue Y, sans lui préciser au préalable les règles algorithmiques de correspondance.

Et surprise, l’algorithme se serait adapté de lui-même pour produire une traduction dite « zero-shot », autrement dit aurait créé sans intervention humaine, une sorte de langage intermédiaire.

GNMT serait-il devenu autonome et suffisamment intelligent pour créer…ce qui ne lui a pas été demandé.

Nous ne le pensons pas.

Comme Google ne nous fournit pas d’explications sur sa technologie de mise en correspondance, il faut croire que GNMT est en fait capable d’en déduire un minimum algorithmique adaptable à tous les langages, dont il se sera servi pour sa version « zero-shot ». Mais certainement pas de créer une relation originale, un langage qu’il aurait conçu en fonction du contexte.

Google joue d’ailleurs sur les mots et quand il parle de langage de programmation, c’est en fait de traduction dont il s’agit. Et son outil n’a rien créé de nouveau, sans qu’il ait été guidé par l’intelligence cognitive d’un être humain.

En tout cas, ce n’est certainement pas demain que GNMT mettra tous les traducteurs au chômage…

Et tout cela ressemble beaucoup à de la com…