C’est pratiquement passé inaperçu, mais il s’est pourtant passé un évènement considérable chez Microsoft,  qui a annoncé en « catimini » dans la Build 14791 à la fin 2016, destinée à la fameuse mise à jour Windows 10 Creators dont on parle tant en ce moment, la disparition du prompt de commande MS-DOS.

Si on lit bien le contenu de cette Build 14791, le célèbre prompt MS-DOS, ce merveilleux C :> ou D :>, selon le volume dans lequel on se trouvait, va disparaître. Remplacé par l’invite de Windows Powershell. On aura beau taper Windows + X ou faire un clic droit sur le bouton démarrer, voire secouer la machine, il ne se passera rien, car notre « vieux » compagnon MS-DOS, après 35 ans de vie commune, nous aura abandonné.

Mais à quoi pense donc Microsoft ? Ne se rend-t-il pas compte que l’affaire est grave.

A-t-il pensé à tous ces usagers qui ne se sont jamais fait aux interfaces graphiques et comme leurs collègues du monde Linux, préfèreraient qu’on leur coupe un bras plutôt que de cliquer bêtement sur une icône.

Au moins, avec le prompt MS-DOS, ça nous occupait. Car pour accéder à un fichier quelque part, il nous fallait au moins 3 jours, compte tenu de ce que l’on ne savait pas très bien où il était, qu’on avait oublié le nom du sous-répertoire concerné et qu’on était passé, sans le savoir et par inadvertance à un clavier Qwerty.

D’ailleurs, pourquoi cliquer sur un « bête » lien graphique alors qu’on pouvait le faire directement en se trompant 17 fois, sachant que pour montrer à quel point nous étions des pros, on tapait à la vitesse « grand V », avec 2 doigts quand même, il ne faut pas exagérer, ce qui contribuait à nous faire tout recommencer.

3 jours pendant lesquels on pouvait ressortir les injures les plus remarquables à l’encontre de ces « malades » de Microsoft, coupables d’avoir inventé un système de fichiers dont même IBM n’aurait pas voulu. Sans parler de la fameuse limite des 8 caractères qui, « in fine », faisait ressembler un DIRTREE à un tableau de Paul Klee… (pour les puristes et il y en a chez LeMarson, DIRTREE n’était pas une commande MS-DOS d’origine…).

3 jours pendant lesquels on se posait la sempiternelle question : « où suis-je », le « où » s’appliquant au sous-répertoire de l’arborescence de fichiers, vu qu’entre les CD (change directory) successifs, on était allé prendre un café et qu’en revenant on ne savait plus ce que nous étions en train de faire.

Mais au moins on s’amusait et ça faisait passer le temps.

Or, si nous avons bien compris, Microsoft veut nous priver de tout cela, de ce prompt MS-DOS magique qui a été notre rayon de soleil pendant des années et nous a donné l’illusion d’être compétents. La meilleure preuve étant que notre beau-frère, qui est dans le bâtiment, a toujours été béat d’admiration devant notre dextérité à aligner les CD, ATTRIB, CHKDSK, CLS, COPY, DEL et autre DIR, pour ne citer que les commandes les plus connues.

Retour arrière possible

Microsoft qui n’est pas né de la dernière pluie, a évidemment compris, on l’espère tout au moins, qu’il prenait là un risque considérable, car il y va de la « santé morale » de ses utilisateurs.

Et qu’il a aussi compris que son nom reste attaché à une certaine complexité d’usage, à un fouillis assumé, la marque de fabrique d’une compagnie qui ne veut surtout pas qu’on puisse l’accuser de faire du Macintosh. Une question de principe.

Avec Windows, on était au moins assuré de passer 75 % de son temps à essayer de comprendre comment le système fonctionnait et 25 % à des tâches utiles. Process dans lequel le prompt MS-DOS a toujours joué un grand rôle. Sans parler de l’industrie pharmaceutique, dont il a été l’un des piliers, vu les tonnes d’aspirine et de Tylenol qu’il a fait vendre.

De sorte que si Microsoft le supprime, son système risque de devenir aussi facile à utiliser, convivial et « user-friendly » que les autres. Danger évident que Satya Nadella ne peut évidemment pas prendre.

Ce qui explique que pour endiguer toute rébellion et vagues de suicides, il a maintenu sur Windows 10, la possibilité de revenir (piteusement) en arrière.

C’est très simple : vous allez dans « Démarrer » (si vous ne savez pas où il est, connectez-vous à Google), puis vous cliquez sur « Paramètres », dans lequel le sous-menu « Personnalisation » devrait apparaître, qui vous donnera accès à un autre sous-menu dit de « Barre des tâches ». Là, il vous suffira de désactiver la fonctionnalité Powershell pour revenir au prompt MS-DOS initial.

Vous pouvez aussi éviter de passer à Windows 10. Mais là, ça va être plus difficile.