Le modèle du tout gratuit n’ayant manifestement pas donné les résultats espérés, Dropbox est obligé de se poser les vraies questions et de se concentrer sur les créneaux qui peuvent contribuer à redresser sa situation financière.

Car ce n’est pas tout de proposer une plate-forme de stockage gratuite, encore faut-il qu’elle s’accompagne d’offres « premium » crédibles, à destination de ceux qui seront prêts à payer le prix du service, à condition qu’il se justifie. Service qui doit donc être sécurisé, ce qu’il n’était pas suffisamment, vu les problèmes récurrents d’authentification et de fuite de données qu’a connus DropBox. Dans le même temps où celui qui devient son principal concurrent en dehors des « barons » Google et Microsoft, autrement dit Box, a noué des accords avec plusieurs partenaires importants, avec une stricte approche professionnelle.

Pas le choix

En fait Dropbox n’a pas le choix. La quasi-totalité de ses clients sont des particuliers qui ont vu dans son offre un moyen pratique et gratuit de faire disparaître les disquettes. Hormis quelques cibles spécifiques, comme le monde de l’enseignement. Et il lui faut donc trouver de nouvelles ressources. D’où les offres « Dropbox Business » et « Dropbox Enterprise », pour des clients qui justement ne transigent pas avec la sécurité.

C’est dans cet esprit qu’il faut replacer toute une série d’outils destinés à durcir l’offre Dropbox et éviter à la fois les manipulations « malencontreuses » de la part des employés, mais aussi les actions malveillantes et volontairement intrusives.

Dropbox permet maintenant de bloquer l’usage de comptes personnels non autorisés sur le réseau de l’entreprise, tout en maintenant l’accès aux comptes professionnels. Pour éviter le mélange des genres et certaines manipulations dangereuses de données sensibles de l’entreprise, qui risquent d’être exfiltrées.

Les administrateurs peuvent aussi contrôler les sous-domaines d’appartenance des utilisateurs, de manière à limiter l’accès aux données et documents aux membres de certains de ces sous-domaines et pas à tous, tout en intégrant les comptes existants au domaine de l’entreprise. Une manière par conséquent de faire le lien avec les comptes ouverts depuis parfois plusieurs années mais aussi de limiter les déploiements à un sous-ensemble de ces comptes.

Ces mêmes administrateurs ont aussi la possibilité de limiter le nombre d’équipements autorisés à se connecter et d’activer un processus d’approbation plus contraignant. Exactement ce que demandent les usagers.

En cas de problèmes ou de malversations, les administrateurs ont également une arme nouvelle à leur disposition, la capacité à lancer des analyses portant sur 350 critères (au maximum) : utilisateur, nom de fichier, date, etc, depuis l’interface de « Dropbox Business », de manière à essayer de comprendre l’origine, la portée et la nature exactes des problèmes rencontrés.

La bonne direction

Il est évident que Dropbox emprunte cette fois la bonne direction. Il dispose d’une base installée gratuite considérable et va tout faire pour en faire passer une partie en offre entreprise. La sécurité étant mieux abordée, il n’est pas étonnant que des grands comptes se soient laissé séduire, à commencer par Barracuda Networks, Symantec et Skyhigh Networks (startup californienne).