On se souvient que Dell a racheté EMC en 2016 pour le pontant faramineux de 67 milliards $. Devenant ainsi le leader incontesté des équipementiers de datacenters. Tout le monde attendait cependant de voir ce que seraient ses premières productions marquées du sceau de la collaboration, dans un climat très tendu de concurrence avec Cisco et HP. La 14 ème version des serveurs PowerEdge est l’une de ces implémentations, qu’il convient de « regarder » avec soin.

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Le marché des équipements de datacenters se caractérise par une forte poussée vers la virtualisation des ressources, serveurs, containers, réseaux et stockage, ce qui les fait converger fatalement vers des architectures dites hyperconvergées, dans lesquelles toutes les ressources sont accessibles par une interface logicielle.

Ce qui est sûr, c’est que les grands acteurs de ce monde travaillent d’arrache-pied pour devenir un interlocuteur majeur de ce domaine. Qui sera effectivement incontournable dans le futur. Sans qu’il faille pour autant accorder trop d’importance, pour l’instant, aux « rodomontades » de Dell qui évoque un taux de  croissance de 216 % par rapport à l’année dernière, vu qu’il partait quasiment de zéro…

Toutes les annonces de Dell EMC et pas seulement celles des nouveaux serveurs PowerEdge, ont été faites lors du tout récent Dell EMC World de Las Vegas, qui avait aussi pour objectif de démontrer que l’alliance Dell/EMC est une réussite, malgré le prix « élevé » payé par Dell pour accéder au top 3 des équipementiers mondiaux.

Dell a donc annoncé la 14 ème génération de ses serveurs PowerEdge, qui concrétisent effectivement la convergence et la collaboration des 3 principales entités du groupe : Dell, EMC mais aussi VMWare, serveurs que l’on retrouvera dans divers « appliances » de la gamme Dell EMC.

Nous pouvons la caractériser selon 3 axes d’évolutions majeures.

Elle est d’abod beaucoup plus puissants que la précédente génération, ce qu’ils doit par exemple à l’usage intensif des nouvelles mémoires NVM (Non Volatil Memory), susceptibles d’être utilisées autant pour le stockage que pour le traitement et dont Intel, qui reste un partenaire privilégié de Dell EMC (on retrouve les Xeon sur les nouvelles machines), est l’un des 2 principaux spécialistes mondiaux.

Le mécanisme dit One-Click BIOS Tuning est un autre dispositif qui a sa part dans les performances de la 14G, qui permet d’adapter très rapidement les machines à des charges de travail lourdes et instantanées, ce qui dans d’autres contextes pourrait nécessiter des mises à niveau complexes et chronophages.

Dell EMC précise à titre d’exemple que si ses PowerEdge 14G seront utilisés pour héberger des MV de postes de travail en mode VDI, ils pourront accueillir 50 % d’utilisateurs en plus, sans que les performances individuelles des postes ne se dégradent.

En termes de logiciels systèmes, les appliances VxRail d’hyperconvergence, dotés de la 14G, seront  équipés de vSphere 6.5 de VMWare et les appliances de stockage, de vSAN 6.6.

La seconde évolution est celle de la sécurité.

La 14G des serveurs PowerEdge, est une mise à jour importante de l’offre Dell EMC. Très significative des apports des 3 grands acteurs du groupement : Dell, EMC et VMWare.

Dell EMC a doté ses serveurs de différents outils qui lui permettent sinon de bloquer toutes les tentatives d’intrusion, du moins de les enfermer dans une nasse, pour les empêcher d’être actives.

C’est le cas d’un mécanisme qui s’opposera à des mises à jour non autorisées des systèmes, un « system lockdown » pour éviter que des changements intempestifs de configuration puissent se produire.

C’est aussi le cas du SecureBoot qui permet en cas de problème de « récupérer » des configurations de BIOS et de l’API Restful iDRAC.

Le 3ème axe majeur d’évolution nous paraît être celui de l’administration, Dell EMC ayant fait le ménage dans son offre en unifiant son « Center Monitoring », avec OpenManage Plus et Support Assist, largement plus efficaces pour résoudre les problèmes courants de production.

Evidemment, tout cela demandera confirmation et l’on verra sur des cas concrets, comment la 14G se positionne par rapport aux gammes de ses concurrents.

Nous nous ferons d’ailleurs l’écho des tous les benchmarks qui pourront aider nos lecteurs responsables d’infrastructures à se faire une opinion étayée sur toutes ces offres.