C’est le scénario qu’a imaginé le consultant Website Builder Research (WBE), qui s’est demandé non seulement ce qui se passerait techniquement, mais surtout ce que cela coûterait aux grands pays qui ont fondé une grande partie de leur économie sur Internet.

Des conséquences limitées, tout dépend…

Selon WBE, si Internet était « down » pendant une heure, ce serait la Chine qui serait le pays le plus touché, avec une perte évaluée à 179 millions $ par heure. La perte concernant uniquement les ventes en ligne, qui ne pourraient donc pas se faire.

Derrière la Chine, les Etats-Unis perdraient 65 millions $/heure, le Royaume Uni se limitant à 15 millions $/heure, puis le Japon à 14 millions $, l’Allemagne à 9 millions, l’Inde à 6 millions, la France à 6 millions également, tout comme la Corée du Sud et enfin le Canada à 3 millions.

Des chiffres qui témoignent de la dépendance de ces pays vis-à-vis du net, les chinois ayant il est vrai une très grande activité commerciale de vente en ligne, étant par ailleurs le plus grand manufacturier de la planète (Alibaba est la première plate-forme au monde de vente sur Internet).

Deux questions

Au vu de ces chiffres, nous nous posons deux questions chez LeMarson.

La première a trait à la méthode utilisée pour calculer les pertes. Il ne suffit pas de prendre le chiffre d’affaires des principaux vendeurs sur le net et de le diviser par 8760, le nombre d’heures dans une année.

Le calcul est beaucoup plus subtil, qui doit tenir compte des conséquences du non-fonctionnement d’Internet sur le reste de l’activité de l’entreprise, au-delà de la vente elle-même. Ce sont des messages qui n’arrivent pas, des clients qui ne sont pas prévenus de la livraison de leur commande. C’est l’entreprise qui n’est pas informée par sa banque que le client X a enfin payé la facture de plus de 100 000 $, en souffrance depuis six mois.

Sans compter l’agacement, le stress des gestionnaires qui vont se retrouver comme sur une déserte, sans aucun lien avec ce qu’ils croient être le reste du monde.

Les pertes qu’a évaluées WBE, ne sont que l’infime partie émergente de l’iceberg. Et les dégâts, si ce scénario venait à se produire, seraient beaucoup plus importants, qui probablement mettraient en péril un grand nombre d’entreprises, dont la gestion financière est trop sur le « fil du rasoir », sans sas de décompression en cas de problèmes.

Ce qui nous amène à poser une seconde question.

Comment les entreprises, sous la pression souvent de leurs gouvernements, peuvent-elles se rendre aussi dépendantes, pour une part essentielle de leur chiffre d’affaires, d’un réseau qu’elles ne contrôlent pas (ni leur pays de rattachement), qui plus est fondé sur des protocoles qui n’ont pas été conçus pour ce qu’on leur fait faire.

Il y a là un risque permanent, Internet étant un réseau US et exclusivement US, dont les « propriétaires » n’hésiteraient pas à couper les accès, si leur sécurité ou leurs intérêts étaient gravement mis en cause. Cela s’est déjà produit avec les satellites GPS et il n’y a aucune raison d’écarter ce scénario catastrophe, même avec des pays « amis ».

Tout cela est très étonnant et met en évidence la position extraordinaire qu’occupent aujourd’hui les Etats-Unis dans le concert planétaire.

Imaginez seulement ce qui se passerait si Internet était limité aux USA et qu’aucun autre pays ne puisse se connecter. Evidemment le pays de l’Oncle SAM souffrirait aussi fortement de cette situation, mais infiniment moins que les autres puissances économiques, fortement satellisées, y compris la Chine, qui malgré sa volonté de disposer de son propre Internet, a bien compris que le projet était- illusoire.

D’où les chiffres avancés par WBE, qui doivent cependant être pris avec précautions.