Après la version 5-qubits de sa machine quantique, qu’IBM a mis à la disposition de ses clients, Big Blue annonce maintenant une machine 50-qubits, a priori sensiblement plus puissante, pour « booster » son offre de service et attirer toujours plus d’utilisateurs.

Une machine « monstrueuse »

Si l’on en croit les spécialistes de la mécanique quantique, une machine 50-qubits, est fondée sur la superposition de 50 états distincts, chacun d’eux étant affecté d’une probabilité d’existence, le modèle de représentation devenant alors quasi-infini.

Conceptuellement parlant, la machine est donc totalement différente.

Disons qu’elle est construite pour effectuer des calculs extraordinairement complexes, sur peu de données, mais pour ne fournir qu’un résultat.

IBM en tout cas y croit, qui rencontre un certain succès avec sa 5-qubits, mise à la disposition des chercheurs depuis mai 2016 et qui a donné lieu à 200 000 expérimentations pour 40 000 utilisateurs. Une quinzaine de communications scientifiques ayant conforté ces diverses tentatives, comme c’est la coutume dans le monde scientifique.

Evidemment ce n’est pas un déferlement planétaire, d’autant que le service 5-qbits était gratuit, mais IBM compte beaucoup sur sa nouvelle machine pour démontrer que ce type d’architecture est prometteur et finira par aboutir.

Beaucoup d’interrogations

Ce qui nous gêne dans cette affaire, ce que nous avons fréquemment évoqué, c’est que l’on n’y comprend plus grand-chose…

D’un côté IBM semble avoir les pires difficultés pour monter en puissance et passer à quelques dizaines de qubits, alors que le canadien D-Wave continue d’affirmer qu’il a construit une machine de plusieurs milliers de qubits, dont 1 exemplaire aurait même été vendu à la NASA. Google serait dans les mêmes eaux.

On va finir par croire qu’on ne parle pas des mêmes qubits.

De plus, IBM insiste beaucoup sur le fait que ces machines sont très difficiles à stabiliser, le moindre incident externe, un rayonnement électromagnétique intempestif, une charge électrostatique « non invitée », pouvant perturber définitivement les calculs, au moins pendant la courte période pendant laquelle ces calculs sont effectués.

Raison pour laquelle c’est IBM qui se charge d’héberger la machine dans un environnement adapté. On n’ose imaginer ce que cela a dû coûter…

Du point de vue applicatif, par contre, on sait à peu près où l’on va, si ce n’est que l’on manque encore de repères et surtout d’outils de développement. IBM fournit un SDK et des API pour différents langages, dont Python, mais ce n’est pas suffisant.

De la com ?

A vrai dire, nous avons le sentiment que l’on a beaucoup trop parlé de ces machines quantiques. Après tout, Alan Turing, avait déjà, dans les années 40, imaginé une machine totalement révolutionnaire, sauf que celle-ci n’a jamais été construite. Y compris pour décrypter les codes Enigma, contrairement à ce que laisse entendre le film « Imitation Game ».

Pour l’instant, quelques machines quantiques ont peut-être été fabriquées, mais rien ne dit qu’elles sont stabilisées et qu’elles pourraient fonctionner chez les clients.

Autrement dit, on est encore dans le domaine de la recherche pure…