Le Big Data est de loin le sujet dont on parle le plus aujourd’hui. Et de nombreuses entreprises s’informent sur la manière dont il faut l’aborder, la popularité des séminaires dédiés en témoignent, de même que les requêtes effectuées sur les moteurs de recherche.
Mais avec une différence par rapport à 2015, c’est que maintenant les responsables TI ne se contentent plus de promesses et de discours marketing et veulent du concret.
C’est dans ce contexte qu’il faut placer le nouveau projet « Dataworks Project » d’IBM, qui est un peu la convergence concrète de tout ce que sait faire « Big Blue » dans le Big Data.

Tout sur le Cloud

En premier lieu, « DataWorks Project » n’est disponible que sur le Cloud BlueMix d’IBM, ce qui confirme bien l’évolution de Big Blue vers des systèmes analytiques accessibles en mode déporté, au détriment des solutions locales « On Premise ».

Le produit se veut ensuite à la fois ouvert aux technologies marquantes du moment en matière d’analyse et concret sous tous ses aspects, Spark d’Hadoop par exemple, les usagers pouvant « passer à l’acte », sans passer par une pré-étude de 6 mois, pour décider si oui ou non c’est faisable.

C’est ainsi qu’IBM affirme que « DataWorks Project » est capable d’ingérer n’importe quelle nature de données et ce, plus rapidement, que les solutions concurrentes : de 50 à plusieurs centaines de GB/sec, à condition bien sûr de disposer de l’infrastructure d’ « uploading » adéquate.

Derrière le rideau de son Cloud, IBM met à la disposition de ses clients, intégrées dans « Dataworks Project », les capacités d’analyse cognitive de l’incontournable Watson Analytics, le récent IBM Data Science Experience, lancé il y a quelques semaines et une interface de requêtage de haut niveau, très intuitive, qui est censée ne pas perdre ses usagers.

Pour être sûr de réussir son opération, IBM a formé 500 000 utilisateurs sur sa plate-forme, en plus du million d’analystes qui exploitent déjà Watson Analytics.

Concrètement, les clients pourront lancer des analyses sur de très gros volumes de données diversifiées, ce qui est la « marque de fabrique » du Big Data et ne paieront qu’à l’usage. IBM propose cependant un tarif de 75 $/mois pour 20 GB, ce qui semble un peu contradictoire par rapport au mode « pay-as-you-go », de même qu’un tarif entreprise qui n’a pas été dévoilé.

Nous serons très attentifs quant aux premiers retours d’expériences des clients de ce service, car si Big Blue réussit son coup, c’est tout un pan de l’analyse Big Data, qui sera modifié, celui des analyses ponctuelles, des actions commerciales à courte durée, des opérations marketing « coup de poing » qui se heurtent à la lourdeur des opérations à effectuer, aux extractions de données et à leur reformatage, à l’établissement des métamodèles, etc. Qui rebutent la plupart des usagers.

Normalement « DataWorks Project » dispose de toutes ces fonctions en interne, qui deviendront quasi-transparentes pour les utilisateurs, ce qui, selon les promoteurs d’IBM, fait sa force.

Reste à savoir ce que cela va donner sur le terrain, si les temps de réponse seront corrects, si l’on ne sera pas entraîné dans une spirale des prix, un peu comme les avionneurs « low cost » et si Watson tiendra bien les promesses qu’il a faites.

Nous serons très vite fixés.