L’acquisition de Simplivity par HPE, récemment finalisée pour 650 millions $, permet à la Compagnie de Meg Whitman de reconsidérer toute sa stratégie en matière d’hyperconvergence. Cette capacité de faire évoluer les infrastructures d’un datacenter par simples interventions logicielles.

Sur ce marché, il y a 3 gros poids lourds : HPE lui-même, pour qui cette activité est au cœur de la nouvelle compagnie voulue par Whitman et dont les solutions étaient jusqu’à présente fondées  sur des serveurs « maison », mais aussi sur des briques VMWare et EMC, Nutanix qui est le leader et donc Dell, qui avec le rachat d’EMC pour 67 milliards $ a désormais dans son catalogue deux briques importantes, les baies de stockage et les outils de virtualisation.

HPE ne pouvait pas continuer éternellement à commercialiser des solutions dont l’essentiel venait de Dell, l’un de ses principaux concurrents. Il lui fallait absolument reprendre sa liberté, son indépendance, plutôt que de rester un intégrateur de solutions, ce qui aurait été mal perçu par ses clients.

C’est dans cette perspective qu’il faut replacer le rachat du californien Simplivity, un spécialiste de l’hyperconvergence, qui va lui donner accès à certaines briques qui lui manquaient.

En fait, au moins pendant un temps, HPE va proposer les deux gammes : celles dont il dispose déjà et en particulier l’appliance HyperConverged 380, qui comporte des serveurs Proliant DL380 et les couches ESX et vSphere de Dell, ainsi que StoreVirtual VSA et donc une nouvelle offre fondée sur le logiciel Simplivity Omni Stack, sur ses serveurs Proliant DL380.

Cela dit, HPE n’a pas voulu faire n’importe quoi, comme cela avait été le cas avec Autonomy. Il a donc négocié pied à pied avec Simplivity, avec succès finalement, puisqu’il est passé d’une première estimation à 3,6 milliards $ à 1 milliard, puis à 650 millions $. Un prix que les analystes financiers estiment correct et représentatif de Simplivity.

La bataille n’est cependant pas gagnée car Dell et surtout Nutanix ne vont pas se laisser faire, d’autant que celui-ci peut tabler sur des accords avec Dell, Lenovo et Cisco. Rappelons aussi que Nutanix vient d’entrer en Bourse, avec une valorisation estimée à 5 milliards $. Une réussite par conséquent, pour une Compagnie qui n’existe que depuis 8 ans.

Pour HPE, ce sera le grand défi des années 2017/2018. Si ça passe, Meg Whitman aura eu raison de se séparer de ses actifs logiciels vendus à Micro Focus et d’avoir créé la « joint venture » SCC. Si ça casse, Meg Whitman pourrait avoir à rendre des comptes…

Pour les clients, la nouvelle offre HPE devrait être effective avant la fin de l’année.