Cela ne changera sans doute pas grand-chose à l’ordre mondial, mais il est « amusant » de noter que Google a racheté à un illustre inconnu, le nom de domaine abcdefghijklmnopqrstuvwxyz.com, de manière à pouvoir en disposer dans le cadre de sa nouvelle structure Alphabet, la bien-nommée.

L’histoire ne dit pas combien Google a déboursé pour cet achat, mais elle a eu au moins le mérite de mettre en évidence un manque évident dans le contrôle des attributions de noms de domaines.

Aujourd’hui, n’importe qui peut acheter n’importe quoi. Il lui suffit d’être le premier et de verser une certaine somme à un intermédiaire, qui va se charger des procédures administratives auprès d’un gestionnaire spécialisé. Et la réservation est valable, une durée déterminée.

En fait, les règles d’attribution se heurtent à un vide juridique « sidéral » et on ne peut pas faire en sorte que le nom de domaine ne soit attribué qu’à une entité, entreprise ou particulier, dont la « raison sociale » a un lien direct avec le domaine en question.

Aujourd’hui on peut louer pour une période donnée le nom www.grandscrus2015.com, qui n’est pas attribué, au grand déplaisir des professionnels du vin, qui pourraient en avoir l’usage, mais qui n’auraient pas pris la précaution de le réserver.

Tout cela est un peu idiot et nécessite de faire le ménage.

Quoi qu’en pensent les américains, attachés à l’initiative personnelle, Liberté ne veut pas obligatoirement dire pagaie.

Quant à Google, nous lui signalons qu’il existe près d’une cinquantaine d’alphabets actifs dans le monde et plus de 24.000 écritures, dont la grande majorité sont incompréhensibles et impossibles à déchiffrer. Heureusement pour lui, les noms de domaines internationaux ne peuvent pas les exploiter, puisqu’ils doivent être exprimés à l’aide d’un code dit Punycode (code chétif), défini dans la RFC 3492, dont l’objet est de faire la correspondance avec un codage ASCII compréhensible.

Dommage, car avouez que ce nom de domaine en Adygué (une ethnie du Caucase du Nord), aurait quand même fière allure :

Mais de ce côté-là, Google peut être rassuré, personne ne viendra le lui souffler.