La bataille fait rage aux Etats-Unis sur l’obligation que devrait respecter Apple de fournir au FBI les éléments qui lui permettraient de pénétrer les smartphones de ceux qu’il juge, lui FBI, comme étant des terroristes.

Et Apple, soutenu par une grande partie de la profession numérique s’oppose à ce dictat, considérant qu’il n’a pas à aider le FBI à violer ce qu’il considère comme le sacro-saint de ses clients, fussent-ils des terroristes. Le FBI exigeant ni plus ni moins que de disposer du code source des mobiles d’Apple et des clés de décryptage du mécanisme matériel de chiffrement, intégré aux iPhones.

Le débat n’est d‘ailleurs pas le même dans d’autres pays, tels que la France, qui vient de voter une loi donnant au contraire et sans état d’âme, obligation aux opérateurs agissant sur son sol de fournir les éléments à la police du pays, susceptibles de l’aider dans la même lutte contre le terrorisme.

Deux pays, deux attitudes.

Récemment, selon le journal britannique The Guardian, d’autres acteurs se sont prononcés sur cette exigence du FBI, tels que WhatsApp, une filiale de Facebook, qui rejoint ainsi Google et Apple, dans leurs efforts pour garantir la protection et la confidentialité des données clients.

Quant à Facebook, lui-même, il n’a pas encore fait connaître officiellement sa position, mais des informations « proches du dossier », comme il est coutume de dire, tendraient à prouver qu’il travaille lui aussi à renforcer la sécurité de son application Messenger, de même qu’un spécialiste du partage de photos et de vidéos, Snapshat, qui agirait dans la même direction.

Des motivations opposées

Si l’on cherche à creuser un peu le sujet, on comprend bien la position du FBI, où celle de la CIA, qui ont à faire face à un risque majeur d’emballement du terrorisme international. Et ils savent bien que les censeurs d’aujourd’hui qui leur reprochent une atteinte « intolérable » à la vie privée des clients Apple, seront les mêmes demain qui leur reprocheront le contraire, en cas d’attentats, à savoir de ne pas avoir pris les précautions élémentaires de protection des citoyens.

Côté acteurs du numérique, c’est beaucoup plus ambigu.

Car pour eux, l’enjeu est énorme. S’ils cèdent aux exigences gouvernementales américaines, c’est toute leur crédibilité qui va s’effondrer.

Comment alors convaincre les clients du monde entier, incités par exemple par leurs propres gouvernements et entreprises locales, à passer sur des Clouds souverains, qui eux, c’est sûr, leur garantiraient cette fameuse confidentialité.

Le challenge serait impossible à tenir et l’industrie américaine du numérique ne serait plus crédible en dehors de ses propres frontières. Et encore…

De même, si Apple cède, plus personne ne croira une seconde à l’imperméabilité de ses iPhone et iPad, pour stocker des informations bancaires, médicales ou simplement professionnelles. Les données portées par les mobiles n’appartenant plus en quelque sorte à leur propriétaire, mais à l’état américain.

D’autant que la perméabilité des mobiles aurait des conséquences sur les autres systèmes, laptops et serveurs d’entreprises, dont plus personne ne pourrait garantir la confidentialité des contenus.

Car c’est bien de cela dont il s’agit. Du droit qu’ont les usagers à protéger leurs données, comme ils le feraient chez eux avec un simple coffre-fort.

Les observateurs se pencheront peut-être un jour sur les conséquences financières du diktat du gouvernement américain. Qui seront à coup sûr gigantesques, si Apple cède.

Et il est probable qu’il sera bien obligé de se soumettre…