…et un début de reconnaissance pour WebP.

Les utilisateurs et développeurs savent bien qu’il y a deux manières de considérer le formatage des images, fichiers statiques ou vidéos : le stockage de ces données et leur transport vers les clients. Ce n’est pas du tout la même chose et c’est dans cet esprit qu’il faut considérer le nouveau format JEG XS, destiné à s’adapter aux conditions de transport, la réalité virtuelle, la 5G, voire l’affichage vers des écrans TV 4 et 8K.

Il faut dire que JPEG est tout, sauf adapté aux moyens de communications, même aussi « joufflus » que ceux dont on dispose aujourd’hui. Car ce format, conçu par le « Joint Photograhic Experts Group » en 1992, a surtout été imaginé pour le stockage et le rendu, avec un algorithme dit avec perte qui permet de conserver une certaine qualité avec des taux de compression élevés, au-delà des 50 :1. Mais avec le défaut rédhibitoire des algorithmes avec perte, de ne pas pouvoir revenir au fichier d’origine, dès lors qu’il a été appliqué.

A vrai dire, le groupe JPEG a aussi élaboré deux normes destinées à la transmission des images JPEG, avec des taux de compression réduits. Ce fut d’abord JPEG-LS avec des taux de 2 :1 à 8 :1, puis le MJPEG ou Motion JPEG, mais aucun des deux n’a vraiment eu les faveurs des développeurs, qui ont préféré s’orienter vers d’autres « codecs », non issus de la mouvance JPEG.

De sorte qu’aujourd’hui, tout le monde se sert de JPEG pour compresser les images fixes, l’algorithme étant particulièrement adapté aux grosses images avec des taux de compression élevés, mais pour la transmission des images, il nous faut utiliser autre chose. La norme MPEG en particulier, avec sa dernière mouture MPEG IV, celle qui est exploitée par certains réseaux de télévision numérique. En attendant peut-être la norme HEVC.

L’arrivée de JPEG XS

C’est dans ce contexte qu’il faut situer l’arrivée de JPEG XS, qui nous est annoncé pour avril 2019 et qui lui, est conçu pour la transmission d’images vidéos, avec des taux de compression entre 2 :1 et 6 :1. Autrement dit, ce n’est pas lui qui va nous régler le problème de la taille des fichiers vidéos, mais pour des clips de petite taille, il pourrait s’avérer très utile sur le plan transport.

Les objectifs visés sont évidemment le streaming vidéo, mais aussi la réalité virtuelle et si l’on en croit le document de l’un des acteurs les plus concernés par le nouveau format, l’EPFL (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne), des applications de conduite de véhicules autonomes (il vaut mieux éviter de créer de nouvelles congestions avec des formats trop encombrants…), les drones et l’industrie spatiale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

WebP de Google va peut-être sortir de l’ombre

Dans le même temps, sans qu’il y ait de rapport entre les deux événements, nous apprenons que huit ans après son introduction par Google, Microsoft a décidé de rendre son browser Edge compatible avec le format de compression d’images fixes, WebP, qui jusqu’à maintenant n’intéressait personne.

L’annonce a été faite par Microsoft lors de sa mise à jour d’automne de Windows 10, le 2 octobre 2018, ce qui peut constituer un élément de reconnaissance intéressant pour Google face à JPEG et surtout HEIF (High Efficiency Image Format), dont Apple s’est fait l’ardent défenseur.

Le problème avec tous ces formats est que l’on ne s’y retrouve plus et que l’on ne sait plus qui est compatible avec quoi.

Manifestement WebP, malgré l’appui de Google n’a jamais réussi à percer et ce ne sont pas les 5 % de parts de marché de Edge qui pourront changer le paysage. Cette reconnaissance est certainement intéressante, mais dans la mesure où Firefox de Mozilla et surtout Safari d’Apple n’ont pas effectué le même cheminement, on voit mal les développeurs adopter un format qui risque de lui poser plus de problèmes que de leur apporter des satisfactions.

Que tous ces éditeurs et intégrateurs le sachent une fois pour toutes. Les développeurs ont besoin de standards et rien que de standards. Ils peuvent accepter d’être un peu en retard technologique, pas trop quand même, mais ils veulent des solutions pérennes sur lesquelles ils puissent s’appuyer et de ce fait apprécieraient que tous les grands acteurs du domaine se mettent d’accord une fois pour toutes. Ca devient agaçant.