Les fans de la fondation Mozilla et de Firefox connaissent sans aucun doute le client de messagerie Thunderbird, censé concurrencer les clients de messagerie d’aujourd’hui : Gmail et autres Outlook.com. Thunderbird a été lancé il y a plusieurs années (en 2003) pour s’opposer surtout à la version légère d’Outlook (dite Express) et aurait été téléchargé près de 10 millions de fois, ce qui témoigne au moins de l’intérêt des usagers pour ce produit Open Source. Si ces utilisateurs ont bonne mémoire, ils se rappelleront que Mozilla avait aussi à l’époque, tenté d’imposer une autre solution pour s’opposer à Outlook complet (agendas, calendriers, etc) avec SunBird, mais qui n’avait pas été concluante.

Thunderbird était évidemment gratuit, mais n’a pas eu le succès de Firefox, bien qu’il ait été doté de fonctionnalités intéressantes, telles que le support natif d’IMAP4, la détection automatique des spams, le chiffrement des courriels sans avoir à ajouter de plugin, la gestion simultanée de plusieurs comptes, etc.

Mais manifestement cela n’a pas suffi. Et Mozilla a décidé d’arrêter les développements, tout au moins de les confier à une autre organisation.

Il est vrai que Thunderbird n’a pas été modifié depuis 3 ans, apparemment par manque de ressources chez Mozilla, qui sont presque entièrement focalisées sur Firefox, qui lui aussi d’ailleurs, connaît quelques difficultés, eu égard à la montée en puissance de Chrome, mais aussi maintenant de Edge.

Pour l’instant, on ne sait pas qui va reprendre le flambeau et Mozilla reste muet sur le nom du repreneur, qui ne peut être qu’une communauté Open Source partageant les mêmes valeurs que Mozilla. Et à y regarder de près, il n’y a pas beaucoup de candidats potentiels…

Morale de l’histoire, qui va encore donner des arguments aux anti Open Source, le « business Model » de cette forme de coopération est décidément contestable. Car dans l’affaire Mozilla oublie allègrement que plusieurs millions d’entreprises et particuliers lui ont fait confiance. Et qu’il ne peut pas comme cela, les balayer d’un revers de « communiqué ».