Sur fond de téléviseurs, la bataille fait rage entre les fabricants pour proposer la meilleure technologie d’affichage, la plus fiable, la moins chère et la plus spectaculaire en termes de qualité.
Cette fois, il s’agit d’une innovation dont Samsung a déposé le brevet, QLED, censée selon son promoteur, révolutionner les grands écrans de TV, mais aussi ceux des tablettes et des smartphones.

La technologie QLED (Quantum-dot Light-Emiting Diodes), telle que l’a imaginée Samsung, s’oppose frontalement aux écrans OLED, qu’elle cherche à remplacer, bien qu’elle présente une qualité d’affichage extraordinaire, car jugée trop coûteuse et surtout dédiée uniquement aux très grands écrans.

Les QLED sont des cristaux nanoscopiques de CdSe (Seleniure de Cadmium), un semi-conducteur composé de Sélénium et de Cadmium, qui se comportent comme des diodes électroluminescentes, c’est-à-dire qu’ils émettent une lumière quand ils sont excités par un courant électrique.

Ces éléments CdSe, en fait des particules minuscules dont la taille varie de 2 à 15 nm, sont placées en sandwich entre deux couches de porteurs de charges, une pour les électrons (transport négatif), l’autre pour les trous (transport positif), car n’oublions pas que nous sommes dans une technologie de semi-conducteurs.

Quand un champ électrique est appliqué à ces couches, des électrons et des trous se déplacent vers les cristaux de CdSe, qui les capturent et en se recombinant, produisent des photons dont la longueur d’onde d’émission et donc la couleur, dépend de la taille des cristaux de CdSe.

L’un des attraits de la technologie QLED des « quantum dots », tient au fait que les couleurs sont fournies directement à l’écran et n’ont donc pas besoin d’un panneau LED en arrière-plan et de rétro-éclairage, ce qui évite de dégrader la qualité des images, plus précisément celles qui font un large usage des noirs.
Les avantages des QLED

Les avantages de cette technologie, sont semble-t-il très séduisants, surtout pour les grands écrans :

  • des couleurs magnifiques et très pures, avec de 30 à 40 % de luminance en plus par rapport aux OLED, pourtant pas réputées pour être nulles de ce point de vue. Il faut reconnaître que les premiers produits montrés par Samsung sont tout à fait convaincants.
  • une excellente qualité dans les noirs
  • une consommation électrique réduite, que le fabricant estime à la moitié de celles des OLED, à qualité d’affichage égale
  • des coûts de fabrication moins élevés, avec la possibilité de concevoir de très grands écrans  ultra-minces, que l’on pourra plaquer sur des murs ou sur n’importe quelle surface d’accueil (2 techniques de fabrication : « phase separation » et « contact-printing »)
  • la possibilité de les plier, ce qui ouvre des horizons insoupçonnés (mais rien de nouveau par rapport à OLED)
A quel horizon ?

Les premiers écrans QLED commencent à apparaître en démonstrations sur des TV grands formats, mais on ne les verra probablement pas sur tablettes et smartphones avant 2020, à condition que le principe ait fait ses preuves.

Pour l’instant ce n’est qu’une technologie parmi d’autres, qui plus est peu répandue, en dehors de Samsung et de quelques centres de recherche. Rien ne dit, par conséquent, qu’elle aura les arguments pour se répandre. Et pour convaincre le reste de l’industrie qu’il est temps d’abandonner OLED…

Nous serions très étonnés, si tel était le cas.

Des inquiétudes

Les composés CdSe ont sans doute de grandes qualités quand ils sont utilisés dans les applications d’affichage en mode QLED. Mais ils présentent cependant un gros inconvénient, celui d’être réputés cancérigènes, du fait de la présence à la fois du Séléniure et du Cadmium, ce dernier étant un métal lourd, bien connu pour sa toxicité. Il est d’ailleurs recommandé de faire très attention si on est en contact avec ce composé ou si on l’ingère.

Evidemment on ne va pas avaler les écrans de nos machines et on sait qu’en technologie QLED les composés sont encapsulés dans une sorte de blindage protecteur, qui normalement devrait éloigner tout danger d’intoxication. Mais nous n’avons pas suffisamment de recul sur le sujet pour être tout à fait rassuré.

A une époque où on interdit le plomb dans les verres en cristal, on voit mal les multiples associations de défense des consommateurs rester sans réaction devant ces nouveaux écrans. Beaux mais dangereux à la fois…

Et bizarrement, Samsung n’est guère loquace sur le sujet…