Selon le Wall Street Journal, qui est généralement bien informé, Dell qui s’est retiré du monde de la Bourse pour se recentrer sur le « business » des entreprises, serait entré en discussions avec EMC pour le racheter partiellement ou totalement.

Il ne faut pas se tromper et l’information est de la plus haute importance, car elle pourrait donner naissance à un géant de l’infrastructure, capable de concurrencer les très grands du domaine, HP et IBM surtout, mais aussi Cisco, ce dernier s’étant en grande partie retiré de VCE, l’association qui le liait auparavant à EMC et VMWare.

Et après tout, elle n’a rien d’illogique.

Car Dell dispose aujourd’hui d’une panoplie complète de produits, qui la plupart du temps sont complémentaires de ceux d’EMC. Il y aurait certes des recouvrements, mais peu traumatisants, eu égard à ce que l’on a déjà vu dans d’autres rapprochements.

On rappelle que Michael Dell son patron, a racheté sa propre compagnie en 2013, pour la mettre à l’abri des soubresauts de la côte et s’est appuyé pour cela sur…Microsoft, à hauteur de 2 milliards $ et sur le fonds d’investissement Silver Lake.

Quant à EMC, il s’agit d’une fédération, dirigée par Joe Tucci son CEO, qui s’est constituée progressivement et avec beaucoup de pertinence, en rachetant des compagnies leaders sur le marché Hi-tech, telles que RSA dans le domaine de la sécurité, VMWare, le « pape » de la virtualisation, Pivotal, une « spin-off » d’EMC et VMWare, Documentum l’un des éditeurs les plus pertinents en gestion de contenu, DiskXTender un spécialiste des logiciels d’archivage, Isilon fabricant d’une plate-forme de stockage NAS en mode « scale-out », c’est-à-dire extensible dynamiquement en fonction des besoins. Autant de compétences qui viennent se placer au-dessus du métier de base d’EMC, qui est celui du stockage SAN de haut niveau, avec toutes les déclinaisons que l’on connaît aujourd’hui.

A vrai dire, hormis Dell, on ne voit pas très bien qui aurait pu acquérir EMC, si ce n’est justement IBM et surtout HP, qui d’ailleurs avait été en discussion avec Michael Dell, il y a un peu plus d’un an, dans ce but. Sans que l’affaire ne soit allée au-delà des échanges préliminaires.

50 milliards $

S’il se conclut, le rachat d’EMC devrait constituer l’une des plus grosses opérations financières jamais réalisées dans le monde de la « high tech », qui devrait être basée sur l’actuelle capitalisation boursière d’EMC, qui est de 50 milliards $. Et l’on peut très bien imaginer une partie en cash, le reste en actions du nouveau groupe, pour un total qui devrait se situer entre 50 et 100 milliards $.

Si la plupart des observateurs estiment que cette opération pourrait être l’une des plus intelligentes que l’on puisse imaginer dans ce domaine, elle risque aussi de susciter quelques sueurs froides chez les concurrents, à commencer par Cisco, qui verrait se dresser devant lui un ex partenaire, fortement renforcé et très dangereux. Mais aussi HP, qui pour n’avoir pas réussi à conclure le rapprochement il y a un an et qui de plus, est empêtré dans sa scission en deux entités, serait directement impacté.

L’offre du futur géant de l’infrastructure, si elle se concrétise, serait la plus complète du marché et l’on peut faire confiance à Michael Dell pour bousculer le « train-train » de ce petit monde, lui qui, on le rappelle, avait été le premier à vendre des PC sur Internet…

Tout cela n’est cependant pas encore confirmé et ni Michael Dell ni Joe Tucci, ne se sont encore exprimés sur le sujet. Nul doute qu’ils le feront dans les heures qui viennent.