Existe-t-il encore une déontologie du site Web ? Nous ne parlons pas ici du respect des règles de sécurité ou de confidentialité des données embarquées dans les « cookies ». Non du simple respect des usagers, que l’on prend trop souvent pour des primates du quaternaire glaciaire…

Des comportements agaçants

Vous avez sans doute remarqué quelques « bizarreries » lorsque vous vous déplacez dans certains sites Web, cataloguées au début comme des maladresses sans gravité, mais qui répétées au quotidien, finissent par faire exploser le couvercle des cafetières.

Nous pensons, entre autres, à quatre « anomalies ».

D’abord le non-respect des désinscriptions. De plus en plus, quand vous cliquez sur le lien obligatoire « Unsubscribe », un beau message s’affiche qui vous dit que votre demande est bien prise en compte… mais qu’il faut tabler sur 48 heures en moyenne, pour qu’elle soit effective. Ce qui est stupide.

D’autant que 48 heures plus tard, vous êtes dans la même situation, puisque vous continuez à recevoir des messages non sollicités de ces sites.

Il arrive aussi que le lien « Unsubscribe » semble actif, mais que lorsque vous cliquez dessus, il ne se passe strictement rien. A croire que les développeurs l’ont connecté à une boucle vide, uniquement pour vous faire croire qu’ils respectent la législation.

Il arrive enfin que l’on vous demande les raisons pour lesquelles vous voulez vous désinscrire. Comme s’il fallait que vous vous justifiiez. Vous n’avez certes rien demandé, mais d’une certaine manière, vous êtes un peu coupable…

La seconde anomalie est le refus d’appliquer les règles d’usage des cookies. Qui sont pourtant très claires, qui ne doivent pas comporter des informations non souhaitées, à moins d’ « Opt-In », c’est-à-dire d’une autorisation formulée explicitement par le visiteur. Ce qui pour les identifiants se traduit souvent par le lien « souvenez-vous de moi… ».

On pourrait comprendre sans les excuser que les sites pornographiques fassent un large emploi de ces cookies, mais pas les sites institutionnels, financiers ou de distribution, qui outrepassent leurs droits…sous prétexte que cela ne se voit pas.

Il suffirait pourtant d’aller jeter un œil dans les cookies de la machine, avec un regedit, en prenant des précautions, car cette base contient aussi les réglages de Windows et qu’il ne faudrait pas sous prétexte qu’un site Web soit « mal élevé », que votre introspection se traduise par l’impossibilité de faire fonctionner la machine…

Mais comme vous êtes prudents, il n’y aura pas de risque si ce n’est celui de la crise cardiaque, quand vous vous apercevrez qu’il y a 876 cookies dans la machine, remplis de données « incroyables », souvent très personnelles.

Les fournisseurs de contenus ont parfois un peu tendance à considérer les usagers comme les victimes consentantes de pratiques inappropriées. Il faut leur rappeler que certains usagers, ne leur en déplaise, ont dépassé le stade de l’homme de Cro-Magnon et sont capables de réfléchir, voire de s’insurger…

 

La troisième incongruité est celle des vidéos. Depuis quelques mois, c’est devenu le sport à la mode. Vous visitez un site professionnel, quand subitement plus rien ne marche. Vous avez beau appuyer fortement sur la souris (ce qui ne sert à rien), les liens ne fonctionnent plus.

La faute à une vidéo qui s’affiche dans la page et mange toutes les ressources de la machine.

Fort heureusement vous pouvez accéder aux boutons qui s’affichent en bas : Autorun (on et off), sound et stop.  Sauf que là encore, quand vous mettez l’ « Autorun » en « off » ou quand vous tentez d’arrêter la vidéo, il ne se passe rien. Le bouton « Autorun » se met effectivement en « off » comme pour vous narguer, mais vous êtes quand même contraints d’écouter les phrases impérissables de quelques publicités qui précèdent la vraie vidéo. La vérité oblige à reconnaître que ce blocage vidéo ne se produit en général que pendant la « pub », pas pendant la vidéo institutionnelle. Mais on finit par tout amalgamer…

Il arrive trop souvent que nous soyons obligés de subir des vidéos bruyantes et inutiles, non souhaitées, que l’on a le plus grand mal à interrompre sans remettre en cause tout ce que l’on faisait jusque-là.

 

Quant à notre quatrième pointe d’énervement, elle se situe dans les mêmes eaux que les vidéos précédentes. Il s’agit de scripts longs qui vous accaparent la machine, sans que vous ayez donné votre accord.

Certes on vous prévient : « un script de longue durée est en train de s’exécuter : voulez-vous l’interrompre ? », mais comme vous ne savez pas ce qu’il fait, ni à quoi il est lié, par prudence vous le laissez faire, le temps qu’il se fatigue. De peur surtout d’interrompre un traitement effectivement utile à votre visite.

Au-delà de cette introspection non souhaitée, ces vidéos et scripts ont aussi pour conséquences de « planter » parfois notre navigateur, ce qui nous oblige à le redémarrer, avec un peu d’adrénaline en plus et quelques grossièretés à l’intention de ceux qui se vautrent dans le canapé du salon, sans avoir été invités.

Manque de volonté…

Il y a évidemment des moyens pour se protéger contre ce genre de comportements. Mais ils nécessitent de bien maîtriser les internes de la machine, de distinguer une tâche malveillante d’une autre, dans le « gestionnaire des tâches » (<CTRL> + <ALT> + <DEL>), sans écraser les processus normaux. Ce qui n’est pas le cas des usagers « courants », qui ont bien d‘autres préoccupations dans la vie que de fermer le « clapet » à quelques publicitaires en mal d’audience.

Inutile d’ailleurs de vous plaindre. Personne ne vous écoutera et si on vous demande votre avis sur un site, ce sera généralement le créateur du site lui-même qui le fera, qui voit dans cette demande un moyen d’exister à vos yeux. De la « com » en quelque sorte.

Décidément, il y a beaucoup à faire pour assainir les pratiques de ce « merveilleux » outil que constitue Internet…