Nous l’annoncions depuis de longs mois : Google ne pourrait pas éternellement faire « cavalier seul » et continuer d’avoir deux systèmes d’exploitation différents dans sa gamme, Android pour les smartphones et tablettes et Chrome OS pour les Chromebooks. D’autant que les deux sont des « forks » de Linux et qu’il n’y a pas de différences fondamentales entre eux.

Il y avait à cela 2 raisons essentielles :

  • le mouvement est à la concentration, comme Apple qui se resserre sur iOS et fait converger Mac OS X vers ce système et Microsoft, qui avec Windows 10 a commencé son approche de regroupement, principalement pour des raisons de coûts et d’administration
  • c’est ce que veulent les DSI, qui ne veulent pas se compliquer la vie avec une gamme diversifiée d’OS, même issus de la «même « enseigne »

Et pourtant, à chaque fois qu’il était interrogé là-dessus (Eric Schmidt en 2013), Google réaffirmait qu’il maintiendrait ses 2 OS, car affirmait-il, ils répondent à des besoins différents.

Nous n’avons jamais été d’accord sur ce point et l’annonce qui semble imminente d’une fusion, si l’on en croit le Wall Street Journal, nous conforte dans cette approche.

Le succès de Chrome OS

Car contrairement à toute attente, Chrome OS et les Chromebooks sont un incontestable succès, pour des postes de travail, faciles à administrer et dotés d’une importante panoplie de logiciels, en particulier de bureautique. Et le fait que ce ne soit pas Windows n’a finalement traumatisé personne, les Chromebooks ayant trouvé leur marché entre les tablettes Android et iOS et les desktops sous Windows.

Sachant que rares sont quand même les compagnies qui font coexister les Chromebooks avec un parc traditionnel et qu’en général les clients sont plutôt des particuliers, voire des écoles.

A vrai dire on se doutait bien que la situation de décalage entre Chrome OS et Android ne durerait pas éternellement et quelques « indiscrétions » savamment distillées à la presse, celles émises par Sundar Pichai, CEO de Google, par exemple, le laissait envisager, qui affirmait que Chrome OS serait capable bientôt d’exécuter des applications Android, sans pourtant parler de fusion.

Les entreprises pour ciblesEn partant du principe que Google ira jusqu’au bout de ce raisonnement, après avoir regroupé les équipes de développement des 2 OS sous le même management, il sortira un OS commun à l’ensemble de la gamme, appelons-le « AndroiBook » pour l’instant, aussi bien pour smartphones, tablettes que desktops, avec le souci de mettre fin à la cacophonie de la fragmentation Android et en adoptant donc les mêmes méthodes et techniques de mises à jour que celles de Chromebook.

Le futur AndroiBook s’adaptant, comme le fait Windows 10, aux plates-formes qu’il va trouver « sous ses pieds ».

Dès lors la boucle sera bouclée et Google sera crédible pour la première fois dans les entreprises, avec une gamme homogène et performante. Le moyen pour lui de faire face à Microsoft et à son monopole de fait.

Après avoir cependant harmonisé la gamme des logiciels et fourni aux développeurs un SDK pour simplifier la migration de leurs propres produits vers cet OS unique.

Déjà de nombreuses compagnies s’interrogeaient sur l’opportunité de basculer sur du tout Google, mais reculaient devant la dichotomie des OS de Google. Nul doute qu’elles seront incitées à changer d’avis, plus précisément celles qui comptent leurs dollars et n’ont pas des budgets extensibles.

Comme quoi avec Google, il faut s’attendre à tout, au pire comme au meilleur.

Une petite précision quand même : Google a démenti les assertions du Wall Street Journal, en affirmant qu’il restait « très engagé dans le développement de Chrome OS ». Histoire sans doute de rassurer les clients Chrome OS qui pourraient s’inquiéter pour leur avenir.

Un démenti qui de notre point de vue ne change rien à l’affaire. La fusion étant plus que jamais nécessaire et obligatoire.