Bouygues Télécom est l’un des 3 opérateurs français les plus importants, qui intervient autant dans le domaine de la téléphonie mobile que dans celui des communications filaires. Il vient d’annoncer un accord de collaboration avec IBM qui nous semble « intelligent » et significatif de ce que devraient être un certain nombre de services portant sur les infrastructures mobiles.

Chacun fait ce qu’il sait le mieux faire…

L’accord entre Bouygues Télécom et IBM porte sur l’exploitation par Bouygues du logiciel MDM (Mobile Device Management) MaaS360 d’IBM, qui fonctionne en mode Cloud.

Au-delà des fonctionnalités de l’outil, ce qui nous semble important c’est le positionnement de Bouygues en tant qu’opérateur par rapport à ses clients.

Car nous avons toujours défendu l’idée que ce n’est pas le métier d’un pétrolier, d’un laboratoire pharmaceutique ou d’une officine gouvernementale que d’installer des serveurs et de les administrer. A chacun son métier.

Et que ce n’est pas parce que nous avons pris de mauvaises habitudes depuis 50 ans, qu’il faut persister dans l’erreur.

L’administration des mobiles

Le problème de l’administration des mobiles est exemplaire. Ou dans la plupart des cas, l’entreprise utilisatrice installe un serveur « on premise » de gestion MDM, qu’elle paramètre et exploite au quotidien. Première erreur. Un serveur MDM n’a rien à faire dans l’infrastructure TI de l’entreprise.

Elle peut aussi confier ce travail à un spécialiste MDM, qui va proposer un outil Cloud SaaS, pour permettre à ses clients de gérer leurs terminaux sans être contraints par des problèmes d’installation. Deuxième erreur. Le prestataire de Cloud n’est pas le bon interlocuteur.

C’est là qu’intervient la bonne idée du couple Bouygues – IBM.

Les deux « compères » se sont dit que dans la vie courante de l’entreprise, l’opérateur télécom est un interlocuteur privilégié, avec lequel elle est connectée en permanence et qui lui assure déjà un certain nombre de services essentiels.

De plus, l’opérateur pour ses propres besoins de gestion de parc de clients, grand public et professionnels, assure déjà des fonctions essentielles d’administration, qui lui permettent le cas échéant d’intervenir à bon escient sur les terminaux actifs sur ses réseaux. En d’autres termes il exploite déjà des solutions MDM sur mesure.

Pourquoi alors ne pas aller plus loin et confier l’administration du parc privé de mobiles des entreprises à cet opérateur, très professionnel sur le sujet, contrairement aux entreprises qui elles, ne font que le découvrir.

Moyennant un prix réduit, entre 1 et 2 $ par mois et par mobile, toutes les fonctions MDM d’administration des terminaux : sécurité, itinérance, sauvegardes de contenus, blocage de ressources, etc, seraient assurées par l’opérateur…dont c’est le métier !

C’est ce qu’ont décidé de mettre en place Bouygues et IBM autour de la solution Cloud SaaS360.

Cette organisation nous semble d’autant plus logique que les opérateurs quelque peu exsangues, cherchent aujourd’hui à diversifier leurs prestations et à se refaire une santé financière. Toute (bonne) idée est donc la bienvenue.

Techniquement parlant, Maas360 (solution rachetée à Fiberlink) sera à la charge de son « parrain » IBM, comme toute autre solution multitenant du Cloud, ce qui soulagera l’entreprise cliente et sans doute lui fera faire des économies.

Prime à la fidélité

On peut se demander pourquoi Bouygues Télécom a choisi IBM pour être son partenaire et non pas Microsoft ou toute autre solution hébergée dans le Cloud. C’est là qu’intervient le critère « fidélité », non pas celui des clients vis-à-vis de Bouygues, qui existe sans doute, mais de Bouygues par rapport à IBM. Car il ne faut jamais oublier que Bouygues Télécom appartient au même groupe que le n°2 mondial de travaux publics, créé par Francis Bouygues en 1952 et que le premier gros client de cette entité a justement été IBM France. Contrat qui a définitivement lancé l’entreprise de Francis Bouygues, ce que celui-ci n’a jamais oublié.

Bouygues a toujours été fidèle à IBM, même sur certains choix « contestables » comme le Token Ring plutôt qu’Ethernet ou OS/2 à la place de Windows. Mais on est comme ça dans la famille Bouygues et Martin, le CEO actuel ne déroge pas à la règle.

Un peu de fraîcheur ça fait du bien de temps en temps…