Fleuron de la téléphonie mobile et préféré des grands de ce monde (Obama…), le canadien Blackberry a décidé de ne plus fabriquer ses smartphones, tâche qu’il va désormais sous-traiter à des industriels indépendants.

Ce qui ne veut pas dire qu’il disparaît de la scène des mobiles, mais simplement qu’il considère que son outil de production n’est plus adapté à la guerre des prix, qui fait rage dans l’environnement Android et de tout ce qui n’est pas Apple.

Mauvaise nouvelle donc pour les employés de Blackberry qui vont voir partir une bonne partie de leurs activités, qui vient après une autre mauvaise nouvelle, celle de l’abandon du smartphone Classic, lancé il y a à peine 2 ans. Qui était pourtant motorisé avec Android.

Blackberry a reconnu en plus avoir perdu 372 millions $ sur les 3 derniers mois, ce qui est évidemment très mauvais signe et confirme la perte globale de 68 % de son chiffre d’affaires depuis 2014, au point de ne plus peser que 0,2 % sur le marché des mobiles. Un désastre, quand on se souvient de la position du canadien, incontournable dans les entreprises.

Aujourd’hui, les smartphones ne sont plus, de toute façon, la première activité de Blackberry, devancés par les logiciels (39 % du chiffre d’affaires), contre 36 % aux smartphones. Sans qu’il puisse être sûr de la réussite de cette conversion.

Blackberry et Intel, même combat…

Blackberry a sans doute commis une double et tragique erreur.

Il aurait dû se contenter des standards en matière d’OS et ne pas chercher à imposer les siens, dans la mesure où ses interlocuteurs étaient les entreprises, les responsables télécom et les patrons de TI, pour qui les standards s’appellent Unix (iOS), Linux (Android) et Windows. Pas Blackberry.

Et il n’a pas su surtout capitaliser sur ce qu’il savait faire de mieux, à savoir des architectures complètes de téléphonie, parfaitement sécurisées, susceptibles de s’intégrer harmonieusement dans le TI des clients. En matière de sécurité, personne n’a d’ailleurs fait mieux que Blackberry, ni Apple, ni Microsoft, ni même Google.

Et plutôt que de s’embarquer dans une guerre de standards sur les OS, dont la popularité est liée à celle des applications, Blackberry aurait dû jouer la carte professionnelle et sa proximité avec le TI, plus qu’avec celle du grand public.

Même en pleine réussite, Blackberry n’avait pas les moyens d’imposer ses OS, ni de faire concurrence aux fabricants asiatiques.

Un autre grand du marché, Intel s’est aussi « cassé les dents », qui progressivement abandonnera la fabrication de ses circuits, pour devenir un super concepteur, comme l’est ARM et comme il l’était à ses débuts, avec Noyce, Morris et Moore. Pour l’instant, il ne fait que louer son outil de production 14 nm aux sous-traitants d’ARM, mais demain il est condamné à abandonner la totalité de la filière de production. C’est inéluctable.

Intel et Blackberry, même combat.