Dans le monde du rechargement de smartphones par induction (sans contact), il y a 3 groupements qui se battent pour imposer comme LEUR solution au marché : WPC : Wireless Power Consortium, le plus connu grâce à sa technologie Qi, mais aussi PMA : Power Matters Alliance et AW4P : Alliance for Wireless Power, ces deux derniers ayant unis leurs efforts pour tenter de refaire une partie de leur retard par rapport à Qi.

Et pour se donner plus de chances, ils viennent de changer de nom en se regroupant sous l’appellation AirFuel Alliance.

Ce groupement qui compte parmi ses affiliés de très grands noms tels que Intel, Samsung et AT&T, mais aussi Duracell, Starbucks, Qualcomm, Broadcom, Flextronics, etc, fonde ses espoirs sur le mariage de deux technologies, l’induction proprement dite et le couplage inductif par résonance.

Il faut en effet se rappeler, qu’il existe plusieurs techniques de rechargement par une onde électromagnétique, le couplage inductif traditionnel, qui est fondé sur 2 bobines électriquement isolées, le transfert se faisant par couplage électromagnétique, avec obligation de se situer à très courte distance et le très prometteur couplage inductif par résonance, basé sur la théorie du MIT de l’électromagnétisme à champ proche et usage de résonateurs couplés.

C’est ce système qui est utilisé aujourd’hui pour recharger les implants médicaux tels que des simulateurs cardiaques, qui ne sont pas gênés par les distances qui restent faibles, de l’ordre d’une vingtaine de cm.

Les recherches continuent aujourd’hui pour améliorer les performances de ces systèmes et augmenter à la fois la distance de rechargement et le rendement des opérations.

PMA et AW4P font converger leurs technologies

Déjà en 2014, les deux « forums » s’étaient déjà mis d’accord pour accorder leurs axes de recherches. C’est ainsi qu’AW4P avait développé un système de rechargement par résonance magnétique, alors que PMA s’était focalisé sur l’induction magnétique plus classique, mais avait aussi développé une API ouverte pour créer des outils d’administration de ce type d’infrastructures.

Depuis juin 2015, les équipes de chercheurs ont fusionnées et la nouvelle alliance a pu montrer le premier système mixte induction/résonance, vis-à-vis duquel 14 compagnies ont déjà pu tester leur conformité.

L’idée étant toujours qu’un maximum d’intégrateurs et de fabricants d’équipements puissent être déclarés conformes, de manière à ce que leurs clients puissent recharger leurs produits dans l’un des nombreux points de rechargement qui commencent à apparaître un peu partout.

Pour l’instant l’AirFuel Alliance peut compter sur 1500 points de chargement aux Etats-Unis et 1000 en Europe, principalement dans les aéroports, les hôtels et les cafés (Starbucks).

Chez le concurrent WPC, on peut compter sur d’autres grands noms tels que celui des restaurants McDonald, ce client se partageant toutefois entre les deux groupements.

L’application Aircharge-Qi avait recensé 3.000 points de rechargement Qi en mars 2015, ce qui donne à ce standard encore une bonne marge d’avance.

Tout est dans la recherche

La nouvelle alliance a bien conscience que le secret de la réussite se trouve dans la recherche et les investissements qu’il faut consentir. Elle se dit en tout cas confiante dans son « Uncoupled Power Working Group » qui travaille sur une technologie qui « va au-delà du magnétique », dans le domaine des champs distants, grâce à un partenariat mené avec Energous Corp, qui permet d’effectuer des rechargements jusqu’à 10 mètres de distance.

On est certes encore loin des 148 km de la démonstration de transfert d’énergie effectuée à Hawaï en 2008, mais c’est un début.