Un certain nombre de chercheurs, mais aussi de fournisseurs, se penchent depuis quelques années sur l’intérêt que pourrait présenter une nouvelle technologie optique, dite Li-Fi pour Light-Fidelity, qui sous certaines conditions, pourrait remplacer le Wi-Fi. Tout au moins constituer une solution de complément.

Son principe est très simple

Elle consiste à exploiter des émetteurs lumineux, des lampes relativement standards, susceptibles de s’éteindre et de se rallumer jusqu’à plusieurs centaines de milliers de fois par seconde.

Bien entendu l’œil ne perçoit pas ces extinctions, de sorte que ces lampes d’un nouveau genre, continueront  d’assurer leur fonction d’éclairage.

Mais à partir du moment où l’on est capable de piloter le séquencement allumage-extinction, on pourra aussi décider de l’exploiter pour coder une information, le « 0 » étant l’état allumé et le « 1 » l’état éteint (par exemple).

En faisant se succéder des séquences de « 0 » et « 1 » maîtrisées, on est alors capable de transporter un jeu de caractères (ASCII ou autre), des messages et des fichiers. Il faudra simplement équiper la lampe d’un émetteur, un petit circuit qui ne devrait pas grever le budget des entreprises…

Le problème sera de mettre de l’autre côté, un récepteur dans un téléphone ou une tablette, qui décodera les séquences et restituera l’information d’origine. Et à ce sera beaucoup plus difficile, car il faudra convaincre les intégrateurs.

Un tel système Li-Fi fonctionne sur le spectre de lumière blanche et n’interfère donc pas avec le Wi-Fi et Bluetooth sur le très encombré 2,4 Ghz. Il est donc beaucoup moins dangereux (à priori) pour la santé que tous les systèmes fondés sur des ondes électromagnétiques.

Diverses expérimentations sont en cours actuellement, un peu partout dans le monde et des grands industriels comme Philips, Siemens, General Electric, tentent de se faire une idée sur les perspectives Li-Fi, tout comme Casio, Toshiba et Panasonic au Japon.

Rien n’est fait

Cela dit, il ne faut pas s’enflammer. Et ce n’est pas parce qu’il y aurait 14 milliards de LED susceptible d’être transformées en émetteurs (ou relais) Li-Fi, qu’il y aura 14 milliards de lampes Li-Fi.

Toute la difficulté étant d’adapter les machines, desktops et surtout mobiles, pour qu’elles puissent décoder ce « Morse » lumineux, qui leur viendra des lampes environnantes.

Il y a  certes de bonnes idées dans ce « process », qui pourraient être exploitées dans certains environnements bien précis : des hôpitaux, pour accéder aux dossiers des patients (il y a actuellement un essai en France), des trains pour informer les voyageurs rivés à leur siège et à portée d’une « liseuse » lumineuse, dans les rues sur les lampadaires (il y a bien déjà les « smart cells » dessus…) ou dans les bureaux…mais rien n’est fait.

En termes de vitesses, Li-Fi n’est pas ridicule. Et il a atteint dans des conditions favorable la barre du Gbps, la vitesse nominale, à partir de laquelle vous commencez à être pris au sérieux. C’est-à-dire, à peu près ce que fait Wi-Fi.

Les promoteurs de Li-Fi ne s’attendent pas à tout « casser » dans les prochains mois. Ils savent qu’il leur faudra du temps et même si la technologie arrive à démontrer que Wi-Fi est « ringard » et a tous les défauts de la planète, ce n’est pas pour autant que Li-Fi le remplacera.

On verra dans 4 ou 5 ans ce qu’il en est et si tout ceci n’aura pas été finalement qu’un « tigre de papier »…