Après avoir appris que Jeff Bezos, le patron d’Amazon, était devenu l’homme le plus riche du monde, devant l’éternel Bill Gates, le consultant Synergy Research Group enfonce le clou et précise qu’AWS affiche un taux de croissance insolent de 40 % sur le Cloud. Merci pour eux.

Ce n’est plus une réussite, c’est un triomphe. Et Jeff Bezos doit savourer sa réussite, lui qui a dû affronter les sarcasmes du marché quand il s’est lancé dans l’aventure des services IaaS sur le Cloud.

Selon le consultant, rien que pour le 3 ème trimestre 2017, les revenus globaux du Cloud, se sont montés à 12 milliards $, tout compris IaaS, PaaS et Clouds privés. En fait, AWS épouse exactement la progression du marché, car la sienne est elle-aussi de 40 %.

Derrière ce « monstre », les concurrents font grise mine, puisque les cinq poursuivants les plus proches d’Amazon font ensemble à peu près le même chiffre d’affaires qu’AWS.

Et pourtant ce ne sont pas des débutants : Microsoft avec Azure, mais aussi Alibaba très présent en Chine, qui compte, bien entendu, sur les marchés occidentaux pour conforter sa progression.

IBM se maintient à la 3ème place, derrière Amazon et Microsoft, mais sa place est essentiellement due aux services de Clouds privés, un créneau dans lequel il espère se placer très vite en tête.

Derrière ces généralistes, Salesforce et Rackspace se positionnent sur des marchés de niches, pendant qu’Oracle affiche de grandes ambitions. On est cependant loin pour lui de ce que prévoyait Larry Ellison, à savoir mettre fin au monopole d’Amazon. Rappelez-vous son fameux « game is over… ».

AWS représentait à lui seul au 3 ème trimestre 2017, l’équivalent en chiffre d’affaires, de ses cinq poursuivants

 

Globalement, le Cloud représente environ 60 milliards $ et il est probable qu’il fera exploser prochainement la barre symbolique des 100 milliards $.

Vous remarquerez cependant qu’hormis le chinois Alibaba, tous les acteurs qui comptent sur le Cloud, sont nés sous la bannière étoilée.

Aussi peut-on se demander s’il n’y a pas danger pour les entreprises européennes, canadiennes ou asiatiques, de dépendre d’un seul continent, fut-il aussi bien achalandé que celui des Etats-Unis.

L’exemple récent de G Suite du Cloud Google, qui a décidé d’interdire l’accès à des documents privés qui ne lui convenaient pas, est là pour nous rappeler que les américains pêchent parfois par manichéisme et décident, face au reste du monde, de ce qui est bon ou mauvais pour lui.

L’ère du président Trump devrait d’ailleurs contribuer à amplifier ce comportement, ce qui ne laisse pas d’inquiéter les autres grands pays industrialisés.