On a parfois du mal à comprendre la stratégie de Google.
Prenons l’exemple du Chromebook.
Voilà un matériel qui surfe sur un marché très particulier : grand public, connecté et bas prix. Et qui se défend honorablement puisque contre toute attente, Google a réussi à l’imposer, bien qu’il soit doté d’un OS propriétaire, Chrome OS.

Là où ça devient plus problématique, c’est que Google motorise par ailleurs de très nombreuses tablettes avec Android, qui deviendront laplets (mix de tablettes et de laptops) et qu’il y aura donc concurrence de fait entre les gammes. D’un côté un Chromebook avec Chrome OS, mais très peu d’applications, car les développeurs ne se pressent pas pour investir dessus et de l’autre des tablettes Android qui triomphent avec une panoplie de logiciels très diversifiée, fédérée dans la plate-forme Play Store.

Il ne peut y avoir qu’un OS

Google est trop fin « marketer » pour ignorer qu’à terme, la situation sera intenable. Et qu’il ne pourra y avoir qu’un seul OS, en l’occurrence Android.

Car le maintien de 2 solutions aura pour conséquence de brouiller l’image du Chromebook telle qu’elle est perçue par les utilisateurs, peu enclins à se lancer dans l’aventure s’ils ne peuvent pas s’appuyer sur une véritable gamme de logiciels, comme chez Microsoft.

Malheureusement, plutôt que de trancher dans le vif, Google tergiverse, un pas en avant, un pas en arrière…

Il vient d’annoncer début janvier au CES 2017 qu’il s’orientait vers une intégration généralisée d’Android dans le monde Chrome OS, autrement dit que toutes les applications Android seront exploitables sous… Chrome OS.

Bizarre et incompréhensible.

Pourquoi maintenir Chrome OS, si c’est pour héberger pour l’essentiel des applications Android. Et Chrome OS est-il tellement mieux conçu qu’Android pour justifier son maintien.

Que l’on sache, Android sur tablette n’a pas la réputation d’être un boulet… Bien au contraire. Alors pourquoi ? La réponse tarde à venir…

Quoi qu’il en soit, lors du CES Show de Las Vegas, Samsung a présenté 2 modèles qui profitent déjà de cette intégration : le Chromebook Plus à 449 $ et sa version Pro qui devrait sortir au printemps.

Ces 2 modèles pourront exploiter la bibliothèque Android, sans quitter leur environnement natif Chrome OS.

Tenter le diable

In fine, nous ne croyons pas que la situation puisse perdurer.

A moins d’avoir des raisons qu’il ne tient pas à dévoiler, Google n’a aucun intérêt à maintenir cette dualité.

D’autant que l’expérience montre que si vous adaptez un parc applicatif à une cible non prévue à l’origine, vous allez droit vers les ennuis, bugs en tous genres et autres ralentissements, quand ce ne sont pas des plantages incompréhensifs.

Pour résoudre le problème, il n’y a qu’une solution : ne garder qu’un seul OS et développer nativement pour lui.

Mais avec Google, rien n’est jamais acquis…