Le rachat de la compagnie italienne NICE par Amazon, pour un montant qui n’a pas été communiqué, n’est pas un évènement anodin. Car cette compagnie, est spécialisée dans les HPC (High Performance Computing), des ressources en clusters capables de fournir des capacités de calcul énormes, qui en 2016 s’expriment en peta flops.

NICE n’est pas un constructeur. C’est un prestataire spécialisé dans ce type d’architecture, qu’il est susceptible de mettre en œuvre, soit directement dans un cluster, soit dans un Cloud, soit encore dans une grille de calcul, comme l’affectionnent les scientifiques.

En fait ce n’est pas tant la « carte de visite » de NICE qui est à mettre en avant et qui nous paraît intéressante, car il y en a bien d’autres équivalentes, c’est le fait que ce soit Amazon qui l’ai rachetée.

Et la seule question qui compte maintenant est de savoir ce qu’Amazon va bien pouvoir en faire.

BI et Big Data

On n’a pas été habitués par le passé à ce que Jeff Bezos, le charismatique patron d’Amazon, fasse ses emplettes d’entreprises au hasard. Car chaque achat aura été dument motivé et associé, soit à de nouveaux marchés, soit à la consolidation de ceux qu’ils pratiquaient déjà. Avec une certaine réticence à dépasser beaucoup d’argent puisqu’en 2015, il n’aura consenti qu’à 690 millions $ de dépenses, ce qui est à des années lumières de ce que pratiquent ses concurrents.

C’est exactement ce qui va se passer avec NICE, dont les ressources vont être intégrées, apparemment sans modifications et qui permettra à Amazon de fournir « à la demande » des services de calcul à très haut niveau pour des applications Cloud de type BI, learning machine, voire simplement scientifiques et bien entendu traitement des Big Data sur des modèles de prédictivité avancés, gros consommateurs de puissance algorithmique.

C’est cette compétence qui lui manquait et NICE devrait devenir son bras armé dans ce domaine.

Amazon va donc retrouver sur sa route IBM, qui a fait de Watson l’un des domaines clés de sa future stratégie, mais aussi Oracle, SAP et d’autres, qui auront sans doute choisi des chemins différents, mais qui « in fine » convergeront vers les mêmes cibles.

On ne peut certes pas tirer de ce rachat des conclusions trop hâtives, mais il est quand même clair qu’un nouveau type d’offre est en train de se concrétiser, délibérément Cloud, qui va inciter les entreprises qui se posent des questions de calcul à hautes performances, à réfléchir à une alternative…qui commence à devenir crédible.