Dans vingt ans, nous aurons à faire face à un double bug, infiniment plus dangereux que celui de l’an 2000 : d’abord le retour au 13 décembre 1901 pour un grand nombre de machines, mais surtout de la prise de contrôle de la planète informatique par les femmes. Au secours. La situation est grave.

Humour

L’un de nos abonnés nous a fait parvenir ce document, destiné à l’évidence à créer la panique, en associant deux évènements qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre. Ses motivations restent obscures.

La faute au système binaire

Commençons par cette malencontreuse affaire du « time_t », qui nous permet de calculer l’heure, l’afficher et la manipuler dans nos programmes.

Sur certains systèmes d’exploitation 32 bits, mais aussi dans quelques API et langages, cette heure est calculée selon le modèle POSIX, en comptant le nombre de secondes écoulées depuis EPOCH, ce délicieux néologisme dont les britanniques ont le secret, autrement dit depuis le 1er janvier 1970 à 0 heure.

Ce nombre de secondes est dans la plupart des cas représenté par un nombre entier signé de 32 bits, ce qui veut dire qu’on ne pourra pas en avoir plus de 231 -1, soit 2 147 483 647 secondes, ce qui en binaire donne :

01111111111111111111111111111111.

On aurait pu imaginer être tranquille quelques temps, mais catastrophe, ce nombre sera atteint le 19 janvier 2038, très précisément à 3 h 14 mn et 7 sec, si l’on s’exprime en HT (Heure Universelle).

A cet instant, comme les systèmes vont continuer imperturbablement à fonctionner, ils vont fatalement passer à la seconde suivante.

Or, si vous ajoutez 1 à la valeur binaire précédente, vous obtenez

10000000000000000000000000000000, ce qui en complément à 2 correspond à – 2 147 483 648 ou plus précisément à la date du 13 décembre 1901. N’oubliez pas que nous sommes en 2038.

En résumé, en une seconde, nous aurons rajeuni de 138 ans.

Ce qui d’une certaine manière pourra sembler sympathique, mais ne sera pas du goût de vos factures et encore moins de vos clients.

On peut vraiment appeler cela un bug, ce que n’était pas celui de l’an 2000.

Fort heureusement, le 32 bits a été largement remplacé par le 64 bits et avec lui une nouvelle représentation de codage du time_t.

Cette fois la date sera représentée sur 64 bits, soit 264 -1, ce qui veut dire que la fameuse date butoir, au-delà de laquelle le système va boucler va se situer le 4 décembre 292 277 026 596 après J.C, à 15 h 30 mn et 8 sec, soit à peu près 20 fois l’âge de l’univers.

On peut donc penser que cette fois on sera à l’abri de cette dérive technologique que nos concepteurs des années 80/90 n’avaient pas vu venir. Ce qui est évidemment inadmissible.

Mais encore faut-il que vous ayez migré vers des OS 64 bits, ce qui n’est pas le fait de tout le monde.

Si ce n’est pas le cas, notre conseil sera que le fameux 19 janvier 2038, vous disparaissiez de la circulation. Que vous annuliez tous vos rendez-vous, que vous achetiez quelques Kalachnikov, pour vous protéger contre d’éventuels clients irascibles, que vous érigiez des barricades, etc. Ca risque d’être (très) chaud.

En 2037, le bug des femmes « executives »…

Le deuxième bug, encore plus grave, sera la prise de pouvoir des entreprises informatiques par les femmes « executives », annoncée pour 2037, un an avant le précédent, histoire de nous mettre dans l’ambiance.

Il faut bien comprendre et ne pas chercher à minimiser le tsunami qui nous attend.

Déjà avec Ginni Rometti chez IBM et Meg Whitman chez HP, on a frôlé l’apoplexie, car des pans entiers de l’industrie informatique masculine sont passés dans le camp d’en face. Sans que nous puissions rien y faire, les boards de ces compagnies s’étant probablement assoupis pendant l’élection de leur président, pardon présidente.

Mais loin de s’arrêter à quelques digressions, somme toutes normales en démocratie industrielle, la situation ne fait qu’empirer et « on » nous prédit l’apocalypse pour 2037.

En effet, selon les auteurs de la très sérieuse étude « 2017 Bank of America Women Business Owner Spotlight Survey », qui ont interrogé 1 022 propriétaires de petites et moyennes entreprises du « STEM field » (Science, Technology, Engineering, Mathematics), dont 375 femmes, la majorité des répondants pensent que celles-ci vont dépasser en nombre leurs homologues hommes dès 2037.

Pour nous rassurer, nous tenons à préciser qu’il s’agit ici de nombre, pas de qualité des prestations…

Dans le même temps, ils pensent que les rémunérations devraient s’équilibrer. Insupportable.

Si on s’intéresse plus précisément à l’échantillon des 375 femmes, 68 % croient qu’elles dépasseront les hommes dans les « C-Suite », les cadres de haut niveau, 61 % estiment qu’elles auront un salaire au moins égal, sinon supérieur aux leurs et 65 % s’imaginent qu’elles créeront plus de compagnies nouvelles que les hommes.

Heureusement les hommes disposent d’une arme fatale, car en 2037, on peut supposer que ce sont encore les femmes qui auront des enfants, de sorte que se posera fatalement la question du juste équilibre entre vie de famille et carrière professionnelle et celle de la prise en charge partielle par le gouvernement US de la rémunération des périodes de maternité.

Et preuve que décidément cette étude n’est pas très sérieuse, 71 % des répondantes croient qu’en 2037, la moitié des états américains prendront effectivement leur juste part dans ce financement. Elles peuvent toujours rêver…

L’informatique est un champ d’action extraordinaire pour les nouvelles « executives », ce qui montre bien qu’il n’y a pas de forteresse imprenable…rien que de mauvais généraux.
La « Women Power »

Le pire dans tout ça c’est que beaucoup d’hommes pensent exactement la même chose. Les traîtres. Qui ont assurément oublié que la création et le management d’une entreprise informatique font appel à des qualités spécifiquement masculines : puissance de travail, engagement, inventivité, sens de la finance, adaptabilité (résilience), fidélité, discipline, efficacité opérationnelle, etc. Il ne faut pas confondre.

Si les prévisions de cette étude s’avèrent juste, cela ne pourra donc déboucher que sur une Bérézina, du nom de la célèbre débâcle de Napoléon en 1812. Le désastre assuré.

Tout cela est bien inquiétant et probablement destiné à nous déstabiliser…avant les discussions salariales de fin d’année. Heureusement que l’étude n’exprime l’opinion que d’une infime minorité, probablement choisie pour ses sympathies envers la « Women Power ». Et ne saurait représenter celle des vrais professionnels. Ce qui n’exclue pas de rester très vigilants.

Mais le principe de la démocratie, c’est aussi de donner la parole à l’opposition.

Point de vue LeMarson.

Nous tenons à préciser que l’ensemble de l’équipe LeMarson ne s’associe pas à ces propos jugés discriminatoires envers les femmes. Et que seul le respect de la plus élémentaire déontologie l’a amenée à publier ce qui lui semble n’être qu’un pamphlet rétrograde.