Adobe a annoncé, il y a quelques mois, un nouveau logiciel de composition graphique, destiné à faciliter la conception des interfaces utilisateurs, aussi bien pour les machines fixes que mobiles. Mais contrairement à ce que l’éditeur affirme, relayé par des observateurs complaisants, ce n’est pas le remplaçant de Photoshop, ni d’Illustrator. Un simple complément.

C’est plutôt dans la réponse à des concurrents qui se sont insérés dans la conception des interfaces, normalement chasse gardée d’Adobe, tels que Sketch et Balsamiq, qu’il faut trouver les véritables motivations de l’éditeur.

Améliorer l’expérience des designers

Aujourd’hui, si vous n’améliorez pas l’expérience de quelque chose, c’est que vous êtes hors du coup. Et si cette expérience n’a pas d’effet sur la résilience de votre entreprise, c’est que vous avez raté une marche dans le processus.

Heureusement avec Adobe XD, vous aurez les deux. Si l’on en croit l’éditeur, qui n’est pas avare de superlatifs exagérés. Un produit qui selon lui pourrait s’avérer plus important que Photoshop.

Mais de quoi s’agit-il ?

Disponible sur MacOS et Windows, Adobe XD (pour Adobe EXperience Design) est un outil qui facilite la conception des interfaces utilisateurs et leur mise en scène (layout), aussi bien pour des machines de bureau que des mobiles.

Accessible dans l’offre Creative Cloud, XD est proposé en deux versions : une gratuite, qui permet de traiter l’essentiel des besoins, sans possibilités cependant de partage entre membres d’un projet et une payante, avec un coût de l’ordre d’une dizaine de $ par mois, qui elle, permet ce partage.

Des fonctionnalités utiles

…mais pas vraiment nouvelles.

Avec Adobe XD, les usagers ont accès à un certain nombre de fonctionnalités intéressantes, mais qui n’ont pas le caractère révolutionnaire qu’Adobe veut leur conférer :

  • une grille de répétition: on sélectionne des éléments que l’on réplique autant de fois que l’on veut, avec une mise en scène inchangée (par rapport à Photoshop, on ne voit pas trop ce que cela apporte, mais si c’est Adobe qui le dit…)
  • personnalisation des plans de travail selon les formats d’écrans, grâce à des effets panoramiques et zoom avant et arrière
  • un panneau « calque » revu et amélioré, qui n’affiche que les calques qui correspondent à la partie de l’interface, sur laquelle nous travaillons (pas bête)
  • transformation des boutons, logos et graphismes divers en symboles que l’on peut glisser et déposer sans contrainte (là aussi, cela ne nous semble pas être une révolution, mais…)
  • usage du magnétisme, d’outils de mesure et de positionnement, d’outils de type grille ou de masquage, qui fonctionnent selon la logique des designers (Adobe travaillait pour qui avant ?)
  • passage très rapide d’un design à un prototype: il suffit ensuite d’utiliser des commandes simples (glisser déposer…) pour appliquer des effets de transition et de fondu, d’un plan à l’autre
  • pour la version payante, partage de prototypes sur le Web, avec des partenaires qui pourront épingler leurs commentaires

La plupart de ces fonctionnalités ont été reprises à partir de produits existants, de Photoshop bien sûr, mais aussi des produits alternatifs qui avaient pris de l’avance.

Adobe XD ne fera pas tourner la planète dans l’autre sens et n’a rien d’une révolution.

La vraie révolution est arrivée lorsque Adobe a racheté Macromedia, qui lui, avait acquis Photoshop pour 50 000 $. Adobe XD est un utilitaire intéressant, un peu cher (120 $ par an quand même), mais qui ne fait pas grand-chose de mieux que ses concurrents Sketch et Balsamiq.

On passera vite à autre chose.