Malgré les efforts de Microsoft avec Edge et Windows 10, c’est le browser Chrome de Google qui est désormais en tête des installations. C’est vers lui que convergent les faveurs du grand public, mais aussi de plus en plus des professionnels. C’est ainsi que Chrome a progressé de 8,7 % dans les 12 derniers mois, alors que dans les 3 premiers trimestres de 2015, IE a perdu 7,5 % de parts de marché, une chute que Microsoft n’avait pas connue depuis la grande période de Firefox en 2010, quand le navigateur de Mozilla avait atteint les 25 % de parts de marché.

Disons que ça va très mal pour IE et que Edge n’a toujours pas pris la relève.

Il est vrai que les usagers qui ont choisi Chrome ne peuvent que s’en féliciter, car l’outil est très rapide et caracole en tête de tous les benchmarks, surtout ceux qui concernent JavaScript. Le moteur V8 JavaScript y étant évidemment pour beaucoup.

Et ça pour Microsoft, c’est très ennuyeux.

Le browser plus important que l’OSCar si on regarde de près ce qui se passe dans le monde des postes de travail fixes et mobiles, on fait 2 constats :

  • Linux, grâce aux mobiles, prend de plus en plus d’importance et tous les observateurs s’accordent à dire qu’il supplantera Windows sur les stations, dans le même temps où les mobiles viendront remplacer les postes fixes
  • Les applications sont désormais systématiquement « webisées », au détriment des clients riches et lourds, de sorte que le navigateur prend une place centrale, à qui on demande d’être performant, sécurisé et compatible avec les grands standards, HTML5 et Ecmascript 2015, entre autres.

De sorte que l’on peut se dire qu’il est plus important pour Microsoft de se maintenir en tête sur les browsers que sur les OS du poste client, Microsoft n’ayant d’ailleurs pas fait mystère de sa décision de mettre prochainement Windows en Open Source.

Ce sont sans doute ces constats qui expliquent que Microsoft ait décidé de s’attaquer à la citadelle Chrome, en proposant une extension au navigateur de Google, pour permettre à ses utilisateurs de se connecter à Office Online. Cette extension étant  désormais disponible dans Chrome Web Store et pouvant être acquise de deux manières.

Si vous êtes un utilisateur « grand public », il vous suffira de disposer d’un compte Microsoft gratuit, alors que si vous êtes dans une entreprise, il vous faudra être doté d’un compte Office 365.

Si vous répondez à ces conditions, il vous suffira de vous connecter à Chrome Web Store, de télécharger l’addon et de l’installer sur votre machine.

Dès lors, vous pourrez accéder directement aux fonctionnalités d’Office Online, les versions allégées de Word, Excel, Powerpoint, OneNote, etc, qui exploitent un espace de 15 GB gratuit dans OneDrive, le Cloud de Microsoft, pour stocker des documents que vous pourrez alors partager avec vos partenaires.

Etant entendu qu’Office Online, ce n’est pas et loin s’en faut, Office 2013 ou 2016. C’est une suite très limitée, pas toujours rapide, avec laquelle vous n’effectuerez qu’un minimum de travaux, surtout si vous êtes en situation de nomadisme.

Le calcul que fait Microsoft est cependant cohérent, dans la mesure où Office Online est très insuffisant en termes fonctionnels, par rapport aux autres versions, mais que cela peut inciter les clients à adopter ensuite une version payante.

Cette possibilité de connexion est donc possible aujourd’hui, alors qu’elle ne l’est toujours pas sur Firefox.

Ce qui pour Microsoft est un moyen de répondre aux offres de Google : Google Docs pour le grand public et Google Apps for Work pour les entreprises.

« Bonne » nouvelle donc pour les utilisateurs de Chrome, mais si Microsoft pouvait en profiter pour améliorer les fonctionnalités d’Office Online, qui restent loin de celles de Google, tout le monde serait content…Car on est quand même encore très loin de ce que permet Google Docs.