Dans la feuille de route Wi-Fi, la nouvelle norme 802.11ax est prévue pour 2018. Mais une technologie ne peut exister que si elle est confortée par toute l’industrie, du fondeur de circuits aux intégrateurs. Ce qui commence à être le cas avec 802.11ax, Broadcom venant d’annoncer toute une gamme de circuits qui lui sont destinés. Tout comme Qualcom et quelques fondeurs d’avant-garde, ce qui donne de la consistance au domaine.

L’annonce de Broadcom porte sur une gamme complète, dite Max WiFi, le circuit BCM43684 pour les installations résidentielles, le BCM43694 destiné à équiper les points d’accès d’entreprises et BCM4375, l’indispensable complément pour les smartphones. De quoi donc consolider le marché, sur une norme très séduisante, mais pas nécessairement attendue, compte tenu de la qualité du 802.11ac actuel.

En fait, le principal attrait de 802.11ax sera sa complémentarité avec la désormais très proche 5G, attendue à partir de 2018.

Entre 802.11ax et la 5G, il n’y a pas un gros écart de vitesse, de sorte que si l’on bascule de l’un à l’autre, ce ne sera pas nécessairement au détriment des performances. Avec 802.11ax, Qualcom a déjà dépassé les 5 Gbps en nominal (théorie), alors que la 5G s’est positionnée à 10 Gbps, toujours en nominal. On n’est donc pas dans un rapport de 1 à 10, comme c’était le cas avec les normes précédentes.

Un projet comme « Wi-Fi First » de Google, qui consiste à privilégier Wi-Fi partout où ce sera possible dans le monde, mais qui est aussi fondé sur la disponibilité en backup du cellulaire, grâce à des accords établis avec des opérateurs locaux, aura évidemment besoin d’une norme aussi ambitieuse que 802.11ax. Pour éviter justement cette fameuse cassure.

On rappelle que techniquement, les avancées de 802.11ax s’expliquent par 4 grandes évolutions : la technique de modulation OFDMA, largement répandue dans les réseaux à haut débit, le multiplexage MIMO, c’est-à-dire l’émission à partir de plusieurs antennes (on n’est pas encore dans le Massive MIMO de la 5G, mais cela pourrait venir…), un système d’ordonnancement qui permet d’organiser les flux vers une antenne (« uplink resource scheduler ») et le TWT (« Target Wakeup Time »), qui consiste à mettre en veille un point d’accès s’il n’est pas sollicité, histoire de limiter les interférences.

Ce qui pourrait freiner…

Non pas la technologie 802.11ax elle-même ou la 5G, mais l’avancée vers le très haut débit, serait un manque de coordination entre les grands acteurs Wi-Fi et cellulaires, essentiellement IEEE, 3GPP et Wi-Fi Forum. Car les évolutions du Wi-Fi ont tout intérêt à se faire en harmonie avec ce qui est conçu et mis en place de l’autre côté, l’expérience montrant cependant que ce n’est pas toujours évident, chacun veillant jalousement à ses intérêts. Le meilleur moyen étant encore, pour les fondeurs et intégrateurs, de participer aux 2 mouvances. Dont ils deviennent des observateurs « intéressés »….

Pour ce qui concerne les entreprises, il n’y a pas urgence. Le standard reconnu aujourd’hui est le 802.11ac qui déjà, permet en nominal d’atteindre le Gbps, ce qui est largement suffisant pour la grande majorité des besoins. Les architectes de réseaux prendront toutefois soin de se préparer à une éventuelle migration et à s’intéresser aux moyens susceptibles de faire coexister les 2 architectures, autant qu’aux outils pour passer de l’une à l’autre. Disons que le problème se posera véritablement en 2020. Pas avant.